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Molson envisage de produire des boissons au cannabis à Longueuil

La nouvelle brasserie représente un investissement d’un demi-milliard de dollars

Première pelletée de terre Molson
Photo Ben Pelosse Première pelletée de terre de la nouvelle brasserie Molson à Longueuil. Sur la photo, de gauche à droite, Andrew Molson, Matthew Hook, directeur de la chaîne d’approvisionnement, Molson Coors Canada, Frederic Landtmeters, président et chef de la direction, Molson Coors Canada, Sylvie Parent, mairesse, Ville de Longueuil, Ian Lafrenière, député de Vachon, et Geoff Molson.

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Lorsqu’elle ouvrira, en 2021, la nouvelle brasserie de Molson Coors à Longueuil sera la plus moderne de l’entreprise. Signe des temps, elle aura la capacité de produire des boissons au pot.

« Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir si ce site va produire des boissons infusées au cannabis, mais je ne l’exclus pas. Cette brasserie devra clairement être flexible pour pouvoir répondre à ce genre de demande », a déclaré hier le PDG de Molson Coors Canada, Frederic Landtmeters, à l’occasion de la première pelletée de terre sur le chantier.

Molson Coors vient de créer la coentreprise Truss avec le producteur québécois de pot Hexo afin de développer des « boissons non alcoolisées à base de cannabis ».

Molson Coors espère ainsi profiter de l’engouement pour la marijuana dans la foulée de la légalisation de la substance, et de contrer la baisse des ventes dont souffrent les grands brasseurs depuis plusieurs années.

Un demi-milliard de dollars

La brasserie de Longueuil coûtera un demi-milliard de dollars, soit deux fois plus que celle que Molson Coors s’apprête à inaugurer près de Vancouver.

« L’ampleur de cet investissement est telle qu’il n’y a pas de comparaison possible avec aucun autre projet de l’entreprise au niveau mondial », a indiqué M. Landtmeters.

Craignant que la nouvelle brasserie emploie moins de travailleurs que celle de Montréal, des syndiqués ont manifesté hier en marge de la cérémonie.

Frederic Landtmeters n’a pas voulu s’avancer sur les niveaux d’emplois des futures installations, hier. Il a néanmoins assuré que Molson Coors tentait de relancer les ventes de la bière en bouteille, dont la production requiert davantage de main-d’œuvre.

Longueuil a déroulé le tapis rouge pour attirer Molson sur son territoire. À la demande de l’entreprise, la Ville donnera le nom de John Molson à une rue située à proximité de la future brasserie.

L’administration municipale a aussi vendu au brasseur un terrain largement en deçà de sa valeur foncière et lui a accordé un « congé de taxes » de 15 millions $, en plus de débourser 2 millions $ pour l’obtention d’un certificat du ministère de l’Environnement pour les milieux humides.

Molson profitera aussi du fait qu’il n’y a pas de taxe d’eau à Longueuil, contrairement à Montréal. Mais comme la valeur de la future brasserie sera beaucoup plus élevée que celle des installations de Montréal, l’entreprise paiera à terme plus d’impôt foncier à Longueuil, environ 5 millions $, qu’à l’heure actuelle à Montréal (2 millions $, plus environ 300 000 $ de taxe d’eau).

Le PDG admet que Montréal avait perdu du galon

Le poids de Montréal dans la structure décisionnelle de Molson Coors a reculé en deçà d’un niveau acceptable il y a quelques années, a reconnu hier le PDG de la division canadienne du brasseur, Frederic Landtmeters.

Même si le siège social de Molson Coors est officiellement réparti entre Denver et Montréal, la quasi-totalité des hauts dirigeants de l’entreprise vivent au Colorado et aucun au Québec. De plus, le siège de Molson Coors Canada est à Toronto.

« Depuis que je suis arrivé, il y a deux ans, on a renforcé certaines équipes ici à Montréal parce que je pense qu’on avait potentiellement rendu un peu “légère” la dimension de l’équipe à Montréal. On s’est renforcés au niveau commercial, marketing et finance à Montréal depuis 18 mois. Là je pense qu’on est en équilibre avec Toronto », a affirmé M. Landtmeters.

Le dirigeant belge a toutefois prévenu qu’il n’était pas question de ramener à Montréal le siège de Molson Coors Canada.

Décision difficile

Présent à la cérémonie tenue hier à Longueuil, Geoff Molson n’a pas voulu répondre quand Le Journal lui a demandé si le siège canadien devait être rapatrié dans la ville où le brasseur a vu le jour. « Montréal est un endroit important pour la compagnie », s’est-il borné à dire.

Le propriétaire du Canadien a assuré que la décision de quitter Montréal pour Longueuil n’a pas été facile à prendre. « Nous occupons notre emplacement rue Notre-Dame depuis plus de 230 ans, alors c’est un grand changement, a dit Geoff Molson. Mais il faut s’ajuster avec le temps et je pense que Longueuil, c’est un endroit parfait pour notre avenir. »

Molson Coors vient de mettre en vente la totalité de ses installations montréalaises, mais promet d’y conserver des bureaux administratifs.

L’entreprise souhaite également faire en sorte de préserver la mémoire de la brasserie.