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La sauce pour poutine au banc d’essai

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Ayant vu le jour dans les années 1950, la poutine fait la fierté des Québécois et suscite la curiosité des touristes. Aujourd’hui, près de 60 ans après sa création, plusieurs versions originales sont même offertes. Cette semaine, au banc d’essai, plongeons-nous dans ce plat signature national : la poutine traditionnelle.

Notre analyse

Pour ce banc d’essai, nous avons analysé 13 sauces à poutine du commerce. Une portion de 60 ml (ou un quart de tasse) a été utilisée pour comparer ces produits.

Chaque portion fournit :

  • Entre 10 et 25 calories,
  • Entre 0 et 1 g de lipides
  • Entre 270 et 470 mg de sodium
  • Entre 3 et 5 g de glucides

Question de portion

Notre analyse a été réalisée avec une portion de 60 ml (1/4 tasse), soit la portion inscrite sur les emballages. Or, quelle est la portion que l’on consomme réellement quand on mange une poutine ? Le double ? Le triple ? Il ne faut pas oublier de multiplier alors les valeurs. C’est alors surtout le sodium qui devient problématique, l’ajout de fromage en grains apportant en soi déjà beaucoup de sodium (215 mg en moyenne par portion de 30 g).

Nos meilleurs choix

Photo Martin Chevalier

En première position du palmarès figure le sachet en poudre St Hubert 25 % moins de sodium. Par portion, cette formule est la moins salée (270 mg de sodium) des choix étudiés et sa liste d’ingrédients épurée est facile à comprendre. Également, avec ses 15 calories par portion, elle figure parmi les sauces les moins caloriques.

Photo Martin Chevalier

La sauce à poutine en conserve St Hubert 25 % moins de sodium la suit de près, avec ses 290 mg de sodium par portion. Avec cette teneur en sodium, elle se distingue également des autres sauces en conserve, qui affichent 380 mg de sodium et plus par portion.

Photo Martin Chevalier

La sauce La fromagerie St-Guillaume mérite elle aussi une place dans cette catégorie. Offerte en version liquide dans un contenant en plastique, elle se classe parmi les options les moins salées (320 mg par portion). Sa liste d’ingrédients est parmi les moins longues et l’absence de gomme et de colorant artificiel lui mérite des points.

Nos moins bons choix

Photo Martin Chevalier

Avec ses 470 mg de sodium par portion, la sauce en conserve Cordon bleu est de loin la plus salée des sauces analysées. Dommage, car sa liste d’ingrédients est exempte de colorants artificiels et plus courte que plusieurs autres.

Photo Martin Chevalier

Avec ses 420 mg de sodium par portion, la sauce en conserve St Hubert est assurément plus salée que les autres formats de cette marque (conserve, contenant en plastique et sachet en poudre) ; ce qui en fait un moins bon choix que ces derniers.

Photo Martin Chevalier

Avec sa teneur en sodium (420 mg par portion) identique à la marque précédente, Planète Poutine ne fait pas meilleure figure. Sa liste d’ingrédients est interminable et on dénote la présence de plusieurs additifs comme : l’inosinate et glutamate monosodique, l’inosinate et guanylate disodique, le sorbate de potassium et le benzoate de sodium. Mentionnons aussi son suremballage (sachet liquide dans une boîte en carton) qui, en plus de produire plus de déchets, ne peut être réutilisé.

Photos Martin Chevalier

Dans cette catégorie peu élogieuse, mentionnons également les sauces en conserve Compliments, Sans nom et Sélection Mérite. Bien que leur teneur en sodium (390 mg) ne soit pas la plus élevée par portion, la présence d’huiles hydrogénées et de shortening n’est guère souhaitable.

Maintenant qu’en est-il des poutines servies au restaurant ?

Malheureusement leur profil nutritionnel est loin d’être plus rassurant. Par exemple une poutine (398 g) servie en accompagnement chez St Hubert fournira 830 calories et 1330 mg de sodium. Ce même plat d’« accompagnement » (225 g) offert chez McDonald’s apportera 510 calories et 1010 mg de sodium lorsqu’ingéré. Finalement, une poutine « régulière » chez Benny et Co (735 g), fournira quant à elle, 1260 calories (soit plus de la moitié des calories nécessaires pour une journée) et 2800 mg de sodium ; soit 116 % de l’apport maximal tolérable pour une journée !

Bref, considérant ces données, une poutine maison préparée avec une portion raisonnable de frites (250 ml), de sauce réduite en sodium (125 ml ou moins) et de fromage en grains (30 g) serait une option plus avantageuse sur le plan nutritionnel qu’une poutine servie au restaurant !


♦ Merci à Kamélia Faraj, stagiaire en nutrition, de sa précieuse collaboration