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Trudeau défend la légalisation du cannabis

Trudeau défend la légalisation du cannabis
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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a défendu la légalisation du cannabis, a parlé de sa relation parfois difficile avec Donald Trump et n'a pas exclu d'annuler un important contrat de vente d'Armes à l'Arabie saoudite, lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, dimanche soir. 

«L'an dernier, il y a eu 5 millions de Canadiens qui ont consommé du cannabis, a rappelé M. Trudeau lors de son passage sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle, dimanche soir. Là, les gens, c'est à leur honneur, ils sont intéressés de pouvoir acheter un produit "sécure", approuvé par Santé Canada, et ne pas envoyer de l'argent dans les poches des criminels.»

M. Trudeau est d'ailleurs revenu à plusieurs reprises sur l'argument du marché noir et du contrôle de la qualité pour justifier son choix de légaliser la drogue, plutôt que de simplement la décriminaliser. «Si on décriminalise, on fait rien pour remplacer le marché noir. On fait rien pour assurer la qualité ou la non-toxicité des produits», a plaidé le chef libéral.

Interrogé sur le choix de permettre de consommer du cannabis légalement dès 18 ans, malgré les risques que la drogue peut poser sur le développement du cerveau, M. Trudeau a poussé un soupir. «C'est dommageable à 50 ans. C'est dommageable à 90 ans. C'est une drogue. Ce n'est pas recommandé [...] Le défi que l'on a, c'est de remplacer le marché noir. On sait que ce marché pourrait continuer d'exister pour des universitaires, par exemple», a laissé tomber le premier ministre.

M. Trudeau a aussi reconnu que l'application de la loi est plutôt chaotique, chaque ville et province ayant opté pour ses propres règlements régissant la distribution et la consommation de la marijuana. «C'est un gros changement. Il va y avoir une période d'ajustement [...]. C'est un processus, tout ne sera pas réglé en une semaine, mais on s'en va dans la bonne direction», estime-t-il.

Un contrat de vente d'armes annulé?

Justin Trudeau a également affirmé dimanche ne pas exclure que le Canada puisse annuler un important contrat de vente d’armes à l’Arabie saoudite, après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

M. Trudeau a souligné que le Canada entendait «toujours défendre les droits de l’homme, y compris avec l’Arabie saoudite».

Interrogé sur le maintien ou non d’un contrat de 15 milliards de dollars canadiens pour la vente à Riyad de véhicules blindés légers, le premier ministre a déclaré qu’il y a «dans ce contrat des clauses qui doivent être suivies par rapport à l’utilisation de ce qu’on leur vend».

«S’ils ne suivent pas ces clauses, c’est sûr qu’on va annuler le contrat», a-t-il ajouté.

Critiqué par des organisations de défense des droits de l’homme, ce contrat avait été signé par le gouvernement conservateur qui l’a précédé, a cependant rappelé le dirigeant libéral.

La réglementation canadienne sur les ventes de matériel à usage militaire prévoit des restrictions dans le cas de violations des droits de l’homme des citoyens du pays destinataire de ces matériels et prohibe leur utilisation contre des civils.

Ottawa avait exprimé l’an dernier des inquiétudes sur l’éventuelle utilisation de ces blindés légers dans des opérations de répression dans l’est de l’Arabie saoudite.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland avait souligné samedi que les explications saoudiennes sur les circonstances de la mort du journaliste n’étaient «pas crédibles» et a réclamé une enquête approfondie.

«Pas toujours évident»

Justin Trudeau a reconnu qu’il n’était «pas toujours évident» de travailler avec le président Donald Trump, tout en se félicitant de la réussite de la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain.

«Mon job, c’est de m’assurer de bien défendre l’intérêt des Canadiens. C’est ce que nous avons fait avec l’AÉUMC», l’accord commercial États-Unis, Mexique, Canada, a déclaré M. Trudeau.

Interrogé sur ses relations avec le président Trump, M. Trudeau a reconnu, tout en mesurant ses propos, que celui-ci «n’est pas toujours évident».

«Il le sait et moi aussi. On n’est pas alignés sur bien des choses et il est difficile parfois d’aller trouver des points communs, mais on a réussi à le faire assez bien» dans le nouvel accord commercial, a dit M. Trudeau.

Les relations entre les deux dirigeants, qui avaient commencé sous les meilleurs auspices après l’arrivée de M. Trump à la Maison-Blanche, s’étaient dégradées après le fiasco du G7 de Charlevoix en juin.

Donald Trump avait notamment accusé M. Trudeau de manquer de sincérité et l’avait rendu responsable de l’échec du sommet.