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À quand une droite verte?

L’ex-chef du Reform Party Preston Manning
Photo d’archives, Christopher Nardi L’ex-chef du Reform Party Preston Manning

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Il y a quelque chose que je ne comprends pas chez les leaders de la droite.

Pourquoi ne parlent-ils pas plus de la protection de l’environnement ?

Pourquoi abandonnent-ils ce dossier à la gauche, comme s’il n’était pas important, comme s’il ne cadrait pas avec leur idéologie ?

UNE VALEUR CONSERVATRICE

Preston Manning, l’ex-chef du Reform Party (un parti qui était situé à droite de l’échiquier politique), le répète pourtant sur toutes les tribunes depuis cinq ans : la protection de l’environnement cadre parfaitement avec l’idéologie conservatrice.

En effet, que prônent les tenants du conservatisme ?

La conservation des traditions, l’amour du terroir, l’attachement aux coutumes, le retour aux « bonnes vieilles valeurs », la défense du « vieux monde », la continuité, l’enracinement, la protection de l’héritage culturel, la croyance en la pérennité des institutions, la méfiance envers le progrès et, surtout, la certitude qu’il faut vivre selon ses moyens.

La protection de l’environnement cadre parfaitement avec ces valeurs !

Les conservateurs (je ne parle pas ici des membres du Parti conservateur, mais des gens qui adhèrent à l’idéologie politique conservatrice) devraient travailler avec les Verts plutôt que les rejeter et les dépeindre comme une bande de coucous !

Tout comme il est temps que la gauche se réapproprie les concepts de nation, de laïcité et d’identité, le temps est venu pour la droite de se réapproprier le dossier de l’écologie.

La protection de l’environnement est trop importante pour la laisser à la seule gauche !

Ce dossier qui nous implique tous devrait transcender les clivages politiques et idéologiques !

UN FREIN À LA CROISSANCE ?

En avril 2012, l’historien des idées Stéphane François a publié un texte éclairant sur les liens entre le conservatisme et l’écologie.

« La plupart des thèmes écologistes ont appartenu ou appartiennent encore à un univers de référence conservateur, soutient-il. En effet, l’écologie est l’héritière du romantisme plutôt que celle des Lumières.

« Que l’on songe, par exemple, aux vertus de la vie naturelle célébrées face aux vices de la vie urbaine, à l’idée de nature conçue comme un ordre harmonieux, au refus du progrès, à la défense de la beauté contre la laideur de la société industrielle, à l’éloge de l’enracinement et des petites communautés... »

Les conservateurs devraient vouloir conserver la nature et l’environnement comme ils veulent conserver nos habitudes, nos mœurs, nos valeurs et nos institutions...

Et puis, qui a dit que l’écologie représente un frein à la croissance économique ?

Au contraire, on peut créer des emplois et de la richesse en inventant des sources d’énergie renouvelables, d’autres façons de chauffer nos maisons, de nous déplacer, de nous habiller, de nous nourrir – bref, de vivre !

MESSAGE À LA CAQ ET AU PC

Pourquoi les jeunes se tournent vers des partis comme Québec solidaire ?

Parce qu’ils adhèrent à leur idéologie marxiste-léniniste ?

Non : parce qu’ils aiment leur volet « vert ».

Si la droite et le mouvement conservateur veulent rajeunir leur base et devenir de nouveau pertinents auprès des jeunes, ils doivent cesser de voir la protection de l’environnement comme une niaiserie et une hérésie.

Le mouvement conservateur a créé l’écologie moderne !

Pourquoi la laisserait-il maintenant aux mains des gauchistes ?