/opinion/blogs/columnists
Navigation

Les Cowboys désespérés

Cleveland Browns v Oakland Raiders
AFP

Coup d'oeil sur cet article

En envoyant un choix de première ronde aux Raiders pour obtenir le receveur Amari Cooper, les Cowboys montrent à quel point ils étaient désespérés d’obtenir de l’aide à la position de receveur.

Le prix est cher payé pour un receveur qui ne brûle pas la ligue depuis ses débuts en 2015. Après une solide campagne recrue et une deuxième saison où il semblait en totale éclosion, Cooper a connu des moments difficiles l’an dernier et durant la saison en cours. Depuis 2015, selon ESPN Stats & Info, il a échappé 22 passes, ce qui le positionne au troisième rang à ce chapitre peu enviable parmi ses pairs.

Depuis 2008, seulement trois receveurs ont été troqués contre un choix de première ronde. L’un deux, Brandin Cooks, représente un superbe retour sur l’investissement. Les deux autres, Percy Harvin et Roy Williams, sont rapidement devenus des fardeaux pour les Seahawks et Cowboys, qui avaient respectivement payé pour leurs services.

En remontant à encore plus loin, pas besoin de demander aux Seahawks s’ils sont fiers d’avoir envoyé un premier choix aux Patriots pour Deion Branch en 2006. Même chose pour Oakland, où Randy Moss a presque été mourir en 2005 avant de ressusciter chez les Patriots plus tard. Et les Falcons en 2003 avec Peerless Price? Et (décidément, ceux-là!), les Cowboys avec Joey Galloway en 2000?

Bref, plus souvent qu’autrement, les équipes désespérées à cette position n’obtiennent pas le retour escompté du joueur acquis à fort prix.

Chez les Cowboys, c’est signe que le grand patron Jerry Jones croit encore fermement que son équipe peut se tailler une place en séries et que toute autre conclusion sera un échec. C’est aussi dire qu’il voue une confiance absolue en Dak Prescott à titre de quart-arrière de franchise, dans une saison où cette étiquette ne semble certainement plus cimentée. Il a choisi d’aller chercher l’aide qu’il estime nécessaire pour relancer son jeune quart en lui donnant toutes les munitions possibles.

Or, dans les derniers mois, les Patriots ont obtnu Josh Gordon pour un choix de cinquième ronde. Il est clair que Cooper n’a pas le même historique troublant de suspensions, mais quand même, Bill Belichick a mis la main sur un potentiel monstre pour une bouchée de pain.

Les Browns, eux, ont fait l’acquisition de Jarvis Landry pour un quatrième et un septième choix. Il est donc possible de dénicher des receveurs de qualité sans sacrifier un premier choix, mais les Cowboys ont démontré gros comme le bras qu’ils se sentaient pris au dépourvus avec leur personnel actuel. Les Raiders les ont vus venir. Un brin de patience aurait peut-être permis au jeune Michael Gallup d’éclore, mais c’est une autre histoire.

Loin de moi l’idée de dire que Cooper ne peut plus produire. Il l’a prouvé par le passé et n’a que 24 ans. Reste qu’il est difficile d’imaginer qu’il métamorphosera les Cowboys au point d’en faire de sérieux aspirants et plusieurs équipes n’auraient pas accepté de payer une telle rançon pour un joueur qui semble se chercher malgré son immense talent.

Si les Cowboys terminent en milieu de peloton, le choix obtenu deviendra d’autant plus intéressant pour les Raiders, qui misent maintenant sur trois choix de premier tour au prochain repêchage. Il y aura aussi 74 millions de beaux dollars disponibles avant la prochaine saison sous le cap salarial. Il faudra dépenser tout ce blé intelligemment.

À Oakland, c’est donc la reconstruction totale. D’autres joueurs passeront aussi dans le tordeur et tout indique que Jon Gruden veut remodeler l’équipe avec des joueurs à son image. Gruden joue très gros et ne semble pas effrayé à l’idée de placer sa tête sur le billot. Car les Raiders, qui semblaient il y a deux ans à peine se sortir enfin de la grande noirceur, pourraient bien y replonger longtemps si l’entraîneur-chef fait fausse route au repêchage. Si ça se produit, il aura tout le poids d’Oakland et Las Vegas sur les épaules.