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Un logiciel québécois sur la Lune

Les géants de l’exploration spatiale de demain ont soif de nos technos avancées

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En pleine course spatiale, des milliardaires font appel au génie québécois d’une PME d’ici pour s’attaquer au marché naissant des voyages sur la Lune, qui pourrait leur rapporter gros.

« On espère être le premier logiciel québécois sur la surface de la Lune. On a deux chances de s’y rendre : Moon Express en 2020 et Airbus en 2021 », lance avec fierté Jean de La Fontaine, fondateur et PDG de NGC Aérospatiale.

Consécration

C’est la consécration pour le patron de la PME fondée en 2001, Jean de La Fontaine, croisé mardi dernier aux Journées de l’industrie spatiale au siège social de l’Agence spatiale canadienne (ASC), à Saint-Hubert.

Son logiciel de navigation et d’atterrissage développé par sa boîte de Sherbrooke d’à peine quinze employés va carrément marquer l’histoire, en posant le pied sur la Lune. « Ça nous rend fiers », partage l’homme, des étoiles dans les yeux.

De passage au Québec, le fondateur et PDG de la société spatiale américaine privée Moon Express, Bob Richards, n’avait que de bons mots pour la PME de l’Estrie, qui va l’aider à effectuer ses premiers vols réguliers vers la Lune d’ici deux ans.

« Ils font un logiciel très important pour nous qui va nous permettre d’alunir », indique-t-il.

Bijoux de lune

Fondée en 2010, financée par de riches investisseurs de Silicon Valley, Moon Express a profité de sa visite à l’Agence spatiale canadienne, la semaine dernière, pour lancer sa branche canadienne.

Son numéro 1, Bob Richards, n’a pas caché son enthousiasme au Journal. Il veut envoyer son engin sur la Lune pour ramener des échantillons, dont une partie ira aux scientifiques... et l’autre à son entreprise pour qu’il puisse les vendre à profit sur Terre.

« Je veux avoir ma pierre de Lune. Je pense que beaucoup de gens en veulent aussi comme moi. On va aller en chercher pour faire des bijoux et des articles à collectionner », dit-il, excité à l’idée de créer de toutes pièces ce marché de « produits à base de Lune ».

Sociétés privées

Même si elle ne tient pas à se lancer dans la vente de « poussières de Lune », l’Agence spatiale canadienne s’associe au projet pour tester ses technologies, explique son directeur général de l’exploration spatiale, Gilles Leclerc.

« On a découvert qu’il y a de l’eau et probablement assez de ressources sur la Lune, ce qui permettrait à un village lunaire ou à une colonie de s’y établir en exploitant les ressources sur place », explique-t-il.

Mines dans l’espace, touristes en orbite... les sociétés privées remplacent de plus en plus l’État dans l’exploration spatiale dans l’espoir d’en tirer profit.

« On est en train d’élargir l’économie terrestre dans l’espace », conclut Gilles Leclerc.