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La serveuse harcelée craint de ne pas être payée

Son ex-patron condamné à lui verser 52 000$ après qu’elle a refusé ses avances

Nick Triandos était propriétaire du restaurant Chez Blanche Neige, dans Côte-des-Neiges, dont il montrait le menu pour un article dans un journal en mai 2017.
Photo courtoisie The Suburban Nick Triandos était propriétaire du restaurant Chez Blanche Neige, dans Côte-des-Neiges, dont il montrait le menu pour un article dans un journal en mai 2017.

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Une serveuse montréalaise harcelée par son patron après avoir refusé ses avances craint de ne pas recevoir les 52 000 $ qu’il a été condamné à lui payer, car il a décidé de tout fermer.

Anissa Berrad a dénoncé les comportements de Nick Triandos, qui s’est mis à la traiter de « bitch », « crazy » ou « piece of shit » après qu’elle lui a demandé d’arrêter ses avances, alors qu’elle travaillait pour lui au restaurant Blanche Neige, dans le quartier Côte-des-Neiges.

<b>Anissa Berrad</b><br />
Victime
Photo tirée de Facebook
Anissa Berrad
Victime

Son patron a été jusqu’à dire aux employés de ne plus lui parler, et même à lui interdire de dire bonjour aux clients, selon un jugement du tribunal administratif du travail, rendu le 12 octobre. Le harcèlement psychologique a duré près de deux ans et l’entreprise de M. Triandos a été condamnée à lui verser 52 078,17 $.

Le Journal avait révélé cette histoire dans son édition de lundi.

Fermeture

M. Triandos a cependant fermé son restaurant il y a quelques semaines à peine.

Mme Berrad dit avoir reçu un appel d’une avocate des normes du travail mardi matin pour l’aviser qu’il n’y avait rien à faire pour récupérer l’argent. La compagnie ne serait plus solvable. Dans le cas d’une entreprise incorporée, l’administrateur principal n’est pas responsable de tous les types de dettes.

Il est clair, selon elle, que M. Triandos a fermé pour éviter de la payer.

« Je suis démolie. Je trouve ça injuste qu’ils ne trouvent pas le moyen de poursuivre la personne parce que ce ne sont pas ni les tables ni les chaises qui m’ont harcelée », dit-elle. Elle reste néanmoins fière de s’être tenue debout.

« J’ai fait cela pour mon estime personnelle, mais aussi pour que ça serve d’exemple aux autres pervers qui harcèlent les femmes vulnérables », dit-elle.

Nathalie Champagne, une ex-collègue de Mme Berrad, dit avoir reçu un appel de M. Triandos il y a quelques jours. Il lui aurait annoncé que les affaires n’allaient pas bien, qu’il fermait et prenait sa retraite.

« Quand j’ai vu la nouvelle, j’ai tout compris. Il a fermé son restaurant pour la simple et unique raison qu’il savait qu’il perdrait », dit-elle. M. Triandos n’a pas répondu aux appels du Journal.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail n’a pas été en mesure de fournir des explications mardi.

 

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