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N’achetez pas du pot avec une carte de crédit

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Illustration Adobe Stock

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Si vous payez l’achat de cannabis, avec votre carte de crédit, sachez que les données de la transaction pourraient être scrutées par le gouvernement américain, notamment grâce au Patriot Act (voté peu après les attaques du 11 septembre 2001).

Les serveurs des sociétés de Visa et MasterCard sont pratiquement tous situés en territoire américain. Comme le cannabis est une drogue interdite aux États-Unis, le gouvernement américain pourrait vous bannir à vie s’il découvrait que vous avez acheté du pot ou des produits dérivés à la Société québécoise du cannabis (ou ailleurs au pays), parce que vous avez payé avec votre carte de crédit ou votre téléphone intelligent utilisant la technologie RFID.

Sachez que les conventions des cartes de crédit émises par les banques canadiennes précisent que les données peuvent être entreposées hors des frontières du pays.

Vous publiez une photo de vous sur Facebook avec un gros joint ? Vous faites des farces sur vos derniers achats de pot sur Twitter ? Oncle Sam le saura.

Selon plusieurs experts s’intéressant à la protection des données personnelles, les États-Unis colligent déjà massivement celles concernant les Canadiens, car elles ne sont pas protégées par les lois américaines (notamment le quatrième amendement à la constitution américaine).

Investisseurs et travailleurs du pot

Vous travaillez légalement pour une société active dans le cannabis ou pour la nouvelle société d’État ? En vertu des lois américaines, vous participez au trafic illégal d’une substance bannie. Or, comme le traitement de votre paie passe par des serveurs bancaires ou de sociétés qui offrent des services comptables ou de ressources humaines, dont les données transitent peut-être par des serveurs basés aux États-Unis, Oncle Sam finira par le savoir.

Vous achetez des actions d’une société active dans le cannabis par l’entremise de votre courtier à escompte ? La transaction pourrait également passer par un serveur américain (chambre de compensation, données de la Bourse, données du courtier à escompte, etc.).

Pire : la nouvelle mouture de l’ALENA prévoit qu’il sera interdit, par la loi ou par contrat, de forcer la centralisation de données dans des serveurs basés au Canada pour échapper aux autorités américaines ! Certains géants de la technologie, dont Microsoft, Google et Amazon, ont toutefois récemment déclaré qu’ils emmagasineraient les données de leurs clients canadiens dans leurs nouveaux centres de données canadiens et québécois.

Malgré cela, selon le Patriot Act, elles pourraient être obligées de transmettre quand même ces données (sans même le dire aux autorités canadiennes), car ce sont des sociétés américaines.