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Une protéine anticancer a besoin d'alliés, découvrent des chercheurs montréalais

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La protéine BAP1, une composante de nos cellules qui fait office de véritable soldat anticancer, a besoin d'alliés pour pouvoir accomplir sa mission, ont découvert des chercheurs montréalais.

Pour qu'un cancer puisse se former, une cellule humaine doit développer des anormalités, puis protéger celles-ci en se divisant. Les BAP1 ont un rôle primordial à jouer pour éviter qu'un tel scénario se produise.

«Ce sont des protéines qui vont assurer l'intégrité de notre génome. Elles vont pouvoir faire des réparations de notre ADN», a résumé le Dr. El Bachir Affar, chercheur au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ‒ CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, qui s'est intéressé de près aux BAP1 avec son équipe.

Dans un cas où le génome d'une cellule serait trop lourdement endommagé, par exemple sous l'effet de contaminants ou d'un agent pathogène, les BAP1 peuvent aussi ordonner à une cellule de se suicider, pour éviter la propagation d'un éventuel cancer.

Il y a une dizaine d'années, pratiquement personne ne s'intéressait au rôle de cette protéine, «à part peut-être moi», s'est amusé le Dr. Affar, en entrevue à l'Agence QMI. Or, depuis, de nombreux chercheurs autour du monde étudient l'action des BAP1.

Travailler en binôme

L'équipe montréalaise est cependant parvenue à démontrer que cette protéine ne peut agir seule. Celle-ci a absolument besoin de l'appui d'une autre protéine, la ASXL2. Cette dernière a la capacité de s'associer aux BAP1 afin de leur expliquer comment remplir leurs fonctions de protection contre les cancers.

En contrepartie, les BAP1 protègent les ASXL2, qui seraient autrement détruites par d'autres protéines. «On ne sait pas encore comment BAP1 la protège, mais elle la protège», a souligné le Dr. Affar.

«C'est l'un des rares cas où l'on observe une belle symbiose entre deux protéines», a précisé le chercheur, qui tente maintenant de déterminer si les BAP1 travaillent de concert avec des protéines supplémentaires.

Cette découverte permet de mieux comprendre le fonctionnement des BAP1 et de rapprocher les scientifiques d'éventuels traitements, dans les cas où ces protéines ne remplissent pas adéquatement leurs fonctions.

Mutations

Chez certaines personnes, les BAP1 ne parviennent plus à jouer leur rôle efficacement en raison de mutations. Une partie de la population est prédisposée génétiquement à subir de telles mutations, si bien que de plus en plus de gens se font dépister aux États-Unis, a souligné Dr. Affar.

Plusieurs cancers, incluant le mésothéliome, un cancer très rare qui touche la membrane protectrice des organes; le mélanome, un cancer dangereux de la peau et le carcinome rénal, le plus courant des cancers du rein, sont directement associés à un dysfonctionnement des BAP1.

Les travaux du Dr. Affar et son équipe ont été publiés dans la revue spécialisée «Nature Communications».