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Une question de principe

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Le Devoir rapportait hier la nouvelle : « L’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI) remporte son long bras de fer contre l’Agence du revenu du Canada (ARC) ».

Dirigé par le constitutionnaliste Daniel Turp et fondé par Pierre Karl Péladeau, ex-chef du Parti québécois et président de Québecor, l’IRAI vient donc d’obtenir enfin son statut d’orga­nisme de bienfaisance, permettant à ses donateurs d’obtenir des crédits d’impôt. Si bataille il y a eu, c’est que ce même statut lui avait été refusé par l’ARC.

Cette victoire de l’IRAI est importante pour deux raisons. Primo, elle rétablit l’équité fiscale entre celui-ci et d’autres instituts voués à la promotion du fédéralisme. Lesquels, eux, n’ont eu aucune difficulté à être reconnus comme organisme de bienfaisance. Exemple : L’Idée fédérale.

Politique

Deuxio, elle confirme justement que ce refus initial face à l’IRAI était de nature éminemment politique. Impossible de l’expliquer autrement. Dans les faits, l’IRAI était victime de discrimination fiscale essentiellement parce qu’il étudie l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales.

En gagnant son combat, l’IRAI en fait lui-même la démonstration non équivoque. En cela et avec raison, ses dirigeants en ont fait une question de principe et d’équité.

Longtemps

Considérant la défaite électorale cinglante du Parti québécois et la faiblesse criante du Bloc, l’IRAI prend d’autant plus d’importance pour la suite des choses.

Plus que jamais, ce qu’il reste du mouvement souverainiste aura besoin de cette nourriture intellectuelle et factuelle que produit l’IRAI avec une rigueur par ailleurs reconnue. L’IRAI fait ainsi partie des quelques pièces survivantes d’un projet en quête d’un renouveau dont personne ne sait s’il est même encore possible.

Pendant que l’ex-premier ministre fédéral Jean Chrétien fait sa tournée guillerette des médias en jouant au triomphateur contre les méchants « séparatissses », l’existence de l’IRAI rappelle aussi que l’Histoire, ça dure longtemps.