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FailCamp 2018: échouer pour mieux se relever

FailCamp 2018
Photo Agence QMI, Nadia Lemieux Le fondateur et directeur général de l’entreprise BiogeniQ, Étienne Crevier, donnera une conférence aujourd’hui à l’évènement d’affaires FailCamp.

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MONTRÉAL – Près de 250 entrepreneurs se rassembleront vendredi pour faire l’éloge d’un aspect souvent peu célébré dans leur domaine: l’échec.

Lorsque le fondateur et directeur général de l’entreprise BiogeniQ, Étienne Crevier, s’est fait approcher pour donner une conférence à la huitième édition du FailCamp, un événement d’affaires dont l’objectif est de valoriser l’apprentissage par l’échec, il savait que cela représenterait un défi.

«J’ai dit ‘’oui ça me tente’’, mais je sais que ça va être vraiment un exercice de conscience parce que je n’ai pas le réflexe de parler de mes échecs, raconte l’entrepreneur âgé de 30 ans. Mais tu ne deviens pas entrepreneur si tu n’aimes pas les problèmes. Et avec les problèmes viennent les échecs.»

«Épée de Damoclès »

À voir aller son entreprise, certains pourraient croire que M. Crevier ne connaît pas l’échec.

Depuis sa fondation en 2013, BiogeniQ, qui fournit à des particuliers des tests génétiques afin qu’ils adaptent leur mode de vie à leur profil génétique, ne cesse de croître, si bien qu’il est aujourd’hui le deuxième plus grand laboratoire de génétique privé au Canada.

Après seulement un an d’activité, M. Crevier accumulait déjà les prix, dont le grand prix national «Innovations technologique et technique» du Concours québécois en entrepreneuriat édition 2014 et le prix de l’entrepreneur scientifique de l’année de l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec.

Mais comme c’est le cas pour toute entreprise, tout n’a pas toujours roulé sur des roulettes à BiogeniQ. «On a failli faire faillite trois fois, a-t-il admis. Tu ne peux pas te lancer si tu n’es pas prêt à vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de ta tête.»

Ces moments difficiles, quand «ça fait mal, tu pleures, tu [trembles] et tu t’engueules», il peut en vivre toutes les semaines, encore aujourd’hui. «Je suis heureux où je suis rendu aujourd’hui, et s’il fallait que je refasse les mêmes erreurs pour arriver où je suis, je les referais», a-t-il confié.

«Levier vers le succès »

«[L’échec] fait partie intégrante du processus d'acceptation et d'apprentissage, a expliqué le cofondateur du FailCamp, Francis Gosselin. C’est important pour nous de placer l’échec comme un levier vers le succès, surtout dans une société comme la nôtre où il n’est pas facile d’échouer.»

Étienne Crevier confirme: «on valorise tellement les succès, mais c’est comme l’image du iceberg : tu vois la pointe, mais tu ne vois pas ce qui est en dessous».

L’humoriste et chroniqueuse, Léa Stréliski, le vice-président francophone au Groupe Juste pour Rire, Patrick Rozon, l’auteure du livre «Tragic Design», Cynthia Savard-Saucier, et la cofondatrice de Cook It, Judith Fetzer, offriront également des conférences sur les échecs qui ont ponctué leur montée vers le succès.

Le FailCamp se déroule vendredi, à 13 h, à l’édifice Wilder de Montréal.