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Audacieux mais inégal

Ludivine Reding dans Wolfe.
Photo courtoisie, TVA Films Ludivine Reding dans Wolfe.

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Premier long métrage du jeune réalisateur québécois Francis Bordeleau, le film Wolfe déborde d’ambition et de bonnes idées, mais souffre aussi de quelques maladresses. Il en résulte un premier effort prometteur, mais imparfait.

Réunissant à l’écran plusieurs jeunes acteurs de l’heure, dont Catherine Brunet, Ludivine Reding, Léa Roy et Antoine Pilon, Wolfe a été tourné de façon indépendante en une douzaine de jours seulement et avec un petit budget (moins de 250 000 $). Le jeune cinéaste Francis Bordeleau, qui s’était déjà illustré il y a quelques années en signant deux courts métrages (Iceland et Carnasse), a écrit ce premier long métrage dans l’urgence, en seulement quatre jours.

Wolfe raconte l’histoire d’un groupe d’amis qui est confronté à un drame quand l’une des leurs, une jeune femme manipulatrice (jouée par Catherine Brunet), décide de mettre en scène sa mort pendant son propre party d’anniversaire qu’elle a organisé elle-même. Cet événement tragique et troublant forcera la bande d’amis à réfléchir sur leurs amitiés et leur vie en général.

Il faut d’abord saluer l’audace de Francis Bordeleau qui a osé prendre des risques en choisissant d’aborder dans ce premier long métrage des thèmes sombres et délicats comme le suicide, la maladie mentale et le mal-être dont souffrent certains jeunes d’aujourd’hui. Et il l’a fait de façon neutre, sans essayer de faire passer un message social.

Beau visuellement

Très léché et stylisé, Wolfe s’appuie sur une réalisation dynamique et une structure narrative complexe (l’histoire est racontée à travers plusieurs flash-back et une série d’interrogatoires menés auprès des jeunes qui ont été témoins du suicide de leur amie). Bordeleau démontre un certain talent à filmer la jeunesse d’aujourd’hui et en met plein la vue avec quelques scènes visuellement magnifiques.

Mais, malheureusement, son scénario et certains de ses dialogues (qui sonnent faux) ne sont pas toujours à la hauteur de ses grandes ambitions cinématographiques. Le jeu des acteurs s’avère inégal et le récit s’éparpille trop vers la fin alors que le film change de ton pour nous amener au milieu d’une thérapie de groupe avec des personnes suicidaires. Il reste que malgré ses défauts, ce premier long métrage possède assez de qualités pour qu’on ait envie de suivre avec intérêt la suite de la carrière de Francis Bordeleau.

  • Wolfe (3/5)

Un film de Francis Bordeleau. Avec Catherine Brunet, Ludivine Reding, Léa Roy, Godefroy Reding et Antoine Pilon.