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La musique québécoise me déprime

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C’est la semaine de l’ADISQ. Chaque année, on nous ressort le même record : l’industrie va mal (comme partout), consommons plus de musique québécoise.

J’écoute peu de pop actuelle d’ici. Dans mon imaginaire tapissé de préjugés, la musique québécoise fait son petit bonhomme de chemin tranquillos, protégée par un Tempo bleu, peuplée d’hommes hirsutes qui refusent tout contact avec une brosse à cheveux et armés de guitares sèches, ainsi que de jeunes filles en fleur filiformes, dont le filet de voix ferait passer Vanessa Paradis pour une chanteuse d’opéra, armées elles aussi d’une guitare sèche.

Il y a des exceptions.

J’ai acheté Inscape de la pianiste Alexandra Stréliski, Dans le noir de Safia Nolin, Darlène d’Hubert Lenoir, Lomax de Betty Bonifassi. J’ai hâte au prochain Leloup, Lisa Leblanc. Patrick Watson. Céline. Parce que c’est fort, unique. Pas parce que c’est local.

Maillon faible

Au Canada, je suis restée collée à Joni Mitchell, Leonard Cohen, Neil Young, Daniel Lanois, Sarah McLachlan, Rufus Wainwright. Mais jamais je ne dis : ah, quelle bonne musique canadienne ! Quand c’est exceptionnel, on s’en fout.

Pour aimer une musique, il faut l’entendre. La radio demeure le maillon faible au Québec, mais le déficit d’audace est partagé. Pour un Hubert Lenoir qui casse la baraque, combien de Philippe Brach chantent « Neuf mille kilomètres, c’est loin en tabarnak... » en mode mineur sur un tempo de marche funèbre ?

À quand Michel Chartrand, la comédie musicale ?

Trop de folk, de déprime, de miaulements et d’harmonies faiblardes, de phrasés mous comme une vieille chemise carreautée, de sacres et de paroles insignifiantes.

Comme au cinéma, notre production, subventionnée je le comprends, est peut-être trop importante pour notre petit marché ?

Et partez-moi pas sur le rap. Le Kanye West québécois n’est pas encore né.