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Gilles Vigneault a 90 ans!

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Il y a des journées qu’il faut prendre la peine de célébrer, et aujourd’hui, c’en est une : Gilles Vigneault a 90 ans. Celui qu’on présentera sans la moindre hésitation comme notre poète national est certainement un de ceux qui a su le mieux raconter l’âme québécoise, en puisant dans ses profondeurs les plus intimes.

Poète

Vigneault a su, tout au fil de sa vie, retrouver nos plus vieilles légendes pour nous les raconter, en les faisant ainsi revivre. Il a su alimenter l’identité québécoise qui se métamorphosait avec la Révolution tranquille en réanimant sa vieille mémoire enfouie.

Vigneault a su chanter nos impossibles hivers, que nous traversons quand même courageusement depuis quatre siècles. Il a chanté un pays d’une immense beauté, qui s’étend presque jusqu’au bout du Nord. De Charlie-Jos à Tit-Nor, en passant par Jack Monoloy, il a su raconter les aventures des hommes et des femmes d’ici, capables des plus grands exploits comme des plus grands chagrins. En fait, Vigneault a su chanter notre pays, d’autant qu’il s’est engagé de la plus belle manière pour la cause de l’indépendance, qui n’est plus à la mode, aujourd’hui, mais qui demeure absolument vitale. Vigneault comprend qu’un peuple a besoin de racines.

À bien y penser, c’est peut-être ce qui manque, aujourd’hui : une forme de poésie québécoise collective. Ou si on préfère, une forme d’enchantement collectif. Une manière de sentir ensemble, d’espérer ensemble, de pleurer ensemble, de se réjouir ensemble. Un peuple doit avoir au fond de lui-même un poème qui témoigne de son rapport au monde et qui fait entendre sa petite musique intérieure.

Pays

De ce point de vue, c’est en se mettant à l’écoute de Gilles Vigneault que notre peuple, désorienté après tant de défaites, pourrait renouer le fil de sa tradition intime. Écouter ce grand poète réveille le Québécois en nous.