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La vraie facture du train de la Caisse

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Saviez-vous que la quote-part du gouvernement du Québec dans la facture d’achalandage du REM correspond étonnamment au rendement que la Caisse de dépôt et placement du Québec souhaite obtenir sur son investissement dans son Réseau express métropolitain (REM) ?

En me basant sur les prévisions de la Caisse et le rapport de la vérificatrice générale sur le montage financier du REM, j’ai calculé (en dollars d’aujourd’hui) que le REM encaissera des revenus d’achalandage de 13,3 milliards $ au cours des 30 premières années de service, allant de 2022 à 2051.

La quote-part de la contribution du gouvernement du Québec dans ces recettes d’achalandage s’élèvera à 7,25 milliards $, soit 54,4 % de la facture.

Ce 7,25 milliards $ équivaut (en dollars d’aujourd’hui) au montant que la Caisse projette d’encaisser sur un horizon de 30 ans, avec un rendement moyen annuel de 8 % sur son investissement de 2,95 milliards $ dans le REM.

Qui paye, et combien ?

Nombre de Québécois pensaient que le REM de la Caisse, une fois en service, allait s’autofinancer avec les usagers. Eh non ! ce n’est pas le cas.

En vertu de l’entente conclue entre la Caisse et l’ex-gouvernement de Philippe Couillard, c’est l’ARTM (Autorité régionale de transport métropolitain) qui est responsable de payer la facture du REM.

Où l’ARTM prend-elle l’argent ? Dans le prix initial que le REM facture à l’ARTM pour l’achalandage, soit 72 cents le passager/kilomètre, les usagers vont débourser 21 cents, soit 29 % de la facture de la randonnée en REM.

Pour leur part, les municipalités desservies par le REM assumeront environ 16 % de la note (11,4 cents le passager/kilomètre).

Et le gouvernement du Québec, lui, s’est engagé à couvrir le reste, soit 55 % de la facture (39,6 cents, le passager/kilomètre).

Plus concrètement, voici le portrait des recettes d’achalandage que l’ARTM prévoit verser au REM pour une année type, soit l’année de référence 2027.

– Nombre de passagers/kilomètres attendus : 609 millions.

– Facture totale d’achalandage : 438 millions $.

– Partage de la facture : usagers (128 millions $) ; municipalités (72 millions $) ; gouvernement du Québec (238 millions $).

La question

Le REM de la Caisse représente-t-il vraiment une bonne affaire pour l’ensemble des contribuables étant donné qu’ils doivent assumer 55 % de la facture d’achalandage ?

L’analyste en transport Réjean Benoit, d’Option Transport Durable, estime que le train de la Caisse est excessivement coûteux. Pour une randonnée de 15 km, par exemple, il en coûtera 10,80 $ (soit 15 km x 72 cents) par usager avec le REM.

À Vancouver, précise l’expert, le train de la Canada Line (dont la Caisse est concessionnaire) charge quatre fois moins cher par passager, soit 2,47 $ pour les 15 km.

Et dire qu’en plus de l’immense facture de 7,25 milliards $ qu’il va payer d’ici 2051 pour l’achalandage du REM, le gouvernement du Québec va globalement injecter 2,74 milliards $ dans la mise sur pied du REM.

Donc, DIX milliards $ de nos impôts et taxes pour financer l’utilisation du REM, avec ses trains indiens !

La Caisse, par contre, devrait faire une bonne affaire. En plus des revenus d’achalandage, la Caisse devrait encaisser d’ici 2051 des revenus additionnels de 4,8 milliards $ en redevances, publicité, etc.