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Un milliard pour annuler le contrat?

POL- Le Canada annonce des représailles commerciales envers les États-Unis
Photo d'archives Agence QMI, Matthew Usherwood Justin Trudeau

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Pour la première fois cette semaine, le premier ministre Justin Trudeau a chiffré les coûts d’annulation du contrat d’armement de véhicules blindés légers de 15 G$ entre le Canada et l’Arabie Saoudite. Il a laissé entendre que ces coûts d’annulation pourraient coûter cher.

« Je ne veux pas que les Canadiens se retrouvent avec une facture d’un milliard de dollars. Alors nous manœuvrons très prudemment », a-t-il soutenu, mardi, à CBC.

Les faits

Invité à s’expliquer, jeudi, le premier ministre n’a jamais voulu répéter le chiffre d’un milliard.

Il a même affirmé que l’annulation du contrat signé par l’ancien gouvernement Harper coûterait des milliards, soulignant qu’il ne pouvait pas en dire plus, le contrat contenant une clause de confidentialité.

Questionné à savoir quel montant semble le plus réaliste, l’expert en armement et professeur d’histoire au Cégep de Trois-Rivières Francis Langlois estime qu’il est difficile de le dire avec précision.

« L’ex-premier ministre Jean Chrétien, en annulant l’achat d’hélicoptères dans les années 1990, avait forcé le gouvernement à payer des indemnités », rappelle-t-il. La décision de déchirer ce contrat de 5,8 G$ avait coûté 500 M$ en pénalités aux Canadiens.

Daniel Turp, professeur de droit et instigateur d’une poursuite pour invalider la vente de ces véhicules, déplore que les détails du contrat ne soient pas publics. « C’est un contrat de la Corporation commerciale canadienne, ça justifie d’autant plus qu’on soit plus transparent », insiste-t-il.