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La crise des opioïdes fait chuter l'espérance de vie

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La crise des opioïdes, qui a fait des milliers de morts ces dernières années au pays, a fait chuter l’espérance de vie en Colombie-Britannique.

Cette province est, depuis le début de cette crise, la plus durement touchée par les surdoses liées à la surconsommation d’opioïdes, tout particulièrement de fentanyl. Seulement cette année, 972 personnes sont décédées des suites d’une surdose de drogue dans cette province, de janvier à août. L’an dernier, 1452 consommateurs avaient perdu la vie.

«Pour la première fois au cours des dernières décennies, l’espérance de vie en Colombie-Britannique a diminué en raison des méfaits liés aux surdoses d’opioïdes», s’est d’ailleurs inquiétée la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), dans un rapport dévoilé au cours des derniers jours.

Cette inquiétude est appuyée par une étude de l’ASPC qui démontre que, de 2014 à 2016, l’espérance de vie à la naissance a décliné de 0,38 an en Colombie-Britannique. Les décès liés aux surdoses ont directement contribué à une perte de 0,12 année d’espérance de vie.

Crise pancanadienne

Cette province n’est toutefois pas la seule à être touchée par la crise, alors que plus de 8000 personnes sont décédées en raison des opioïdes au pays depuis 2016. «À cet égard, il se peut que la crise liée à ces surdoses entraîne, pour la première fois depuis des décennies, une baisse de l’espérance de vie nationale chez les Canadiens», a d’ailleurs averti la Dre Tam.

En 2017, pas moins de 10,9 décès par 100 000 habitants ont été liés aux opioïdes, pour un total de 3987 morts. Trois victimes sur quatre sont des hommes et du fentanyl a été impliqué dans 68% des cas de surdoses mortelles.

«De 1980 à 2015, la consommation d’opioïdes a été multipliée par 40 au Canada, passant de 21 à 853 doses en équivalents de morphine par personne dans la population. En 2016, plus de 20 millions d’ordonnances d’opioïdes ont été délivrées au pays», s’est d’ailleurs inquiété l’ASPC, qui souligne que le Canada est le deuxième plus important consommateur d’opioïdes au monde, derrière les États-Unis.

Tous ne sont pas égaux devant cette crise. «Les personnes vivant dans la pauvreté, les membres des Premières Nations et ceux qui ont un logement précaire sont disproportionnellement touchés par les décès dus à une surdose d’opioïdes. [...] Selon des données de la Colombie-Britannique, les Premières Nations ont cinq fois plus de chances d’éprouver une surdose d’opioïdes et ont trois fois plus de chances d’en mourir que les non Premières Nations», peut-on lire dans le rapport.