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ADISQ: nègre noir et malaise

Louis-José Houde anime le 13e gala de l'ADISQ le 28 octobre 2018
Photo courtoisie, Radio-Canada

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Hahaha ! Dieu que j’ai ri, hier, en regardant le Gala de l’ADISQ !

Quand Louis-José Houde a fait jouer un extrait du Gala de 1992, où Normand Brathwaite dansait sur une parodie de L’aigle noir transformé en... Nègre noir, j’étais pliée en quatre. J’ai toujours trouvé que ce numéro était parmi les plus audacieux et crampants de l’histoire des galas québécois.

Mais ce qui me faisait aussi rire hier, c’était de voir dans la salle les visages offusqués, scandalisés des vierges offensées de 2018 qui n’en revenaient pas qu’on ait osé rire de la couleur de la peau de Normand Brathwaite... avec Normand Brathwaite. Ben oui, les petits amis, à l’époque on pouvait rire de tout. Dommage qu’aujourd’hui, vous ayez si peu le sens de l’humour.

10 SUR 10

J’ai tout aimé de ce gala. Suis-je normale docteur ? J’ai aimé la moustache de Klo Pelgag et la robe blanche d’Hubert Lenoir (mais moins ses remerciements).

J’ai adoré que Mario Pelchat casse son image propre, propre en chantant La désise de Daniel Boucher et Paradis city de Jean Leloup. J’ai aimé qu’on demande à Guylaine Tanguay de chanter dans le medley d’ouverture. Cette fille mérite d’être bien plus connue de tous les Québécois !

J’ai trouvé audacieux que Lydia Képinski change les paroles de sa chanson pour remplacer le méchant loup par le nom du premier ministre : « Je n’ai jamais été dans les bois, de peur que Trudeau n’y soit », même si ce n’est pas tout le monde qui l’a remarqué.

Et qu’est-ce que j’ai pensé de Yann Perreau, qui a interpellé Justin Trudeau au sujet du pipeline ? C’était direct, court, et avouons-le, bien tourné. Je me suis seulement demandé par quel moyen de transport Perreau et ceux qui l’applaudissaient étaient venus au gala ? En trottinette, en hybride ou en voiture qui consomme du vilain pétrole ?

Un homme et une femme

Avez-vous lu le rappel historique des 40 dernières années de l’ADISQ, préparé par mon collègue Cédric Bélanger ? Une chose m’a frappée. 1979, triomphe de Fabienne Thibeault. 1980 celui de Ginette Reno. 1981, l’année Diane Tell. 1983, 1985, c’est au tour de Céline. 1986, Martine St-Clair. 1987, triomphe de Marjo. 1988, Mitsou. 1991, année Julie Masse. 1999, année d’Isabelle Boulay. 2008, hommage à Céline. 2012, Cœur de pirate. 2016, la vague pour Safia Nolin. Question quiz : ces artistes ont-elles été plébiscitées parce qu’elles étaient des femmes ou parce qu’elles étaient les meilleures ? Pendant 40 ans, il y a eu des années où les femmes raflaient tout et des années où c’était au tour des gars. Pendant 40 ans, on s’en foutait de savoir si la chanson qu’on aimait était écrite, composée, interprétée par un homme ou une femme. Alors toutes ces discussions sur la parité... zzzzz.

Oh mon dieu !

Quelle ironie, quand même ! Alors qu’on se chamaille au sujet de la laïcité, du crucifix, c’est quand même le comble que le Félix de meilleur vendeur de l’année, remis plus tôt cette semaine, soit allé à Mario Pelchat et les prêtres. C’était d’ailleurs très amusant de voir, parmi les chromés du gala, un prêtre avec son col romain. Un curé au gala ? Ça n’a pas dû arriver souvent dans les annales de l’ADISQ.