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Henri Richard a marqué l’imaginaire

Henri Richard était reconnu pour sa fougue et sa détermination sur la patinoire.
Photo d’archives Henri Richard était reconnu pour sa fougue et sa détermination sur la patinoire.

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« Si la maladie ne nous avait pas volé Henri, il aurait certainement aimé cette œuvre. »

Cette phrase est celle du fils du célèbre et glorieux Henri Richard, Denis, lors du grand dévoilement de l’œuvre d’art public en l’honneur de son père, lundi à la Place Bell de Laval. Il était accompagné des membres de la famille, d’anciens coéquipiers du paternel et de nombreux invités, heureux de cette reconnaissance dans son patelin.

Avec ses 11 coupes Stanley, record inégalé dans la LNH, le légendaire attaquant au numéro 16 est immortalisé dans le hall d’entrée de l’amphithéâtre, domicile du club-école du Canadien au nom de son frère, Maurice « Rocket » Richard. Cette fois, il prend la place qui lui revient pleinement.

Le fier attaquant qui a marqué 407 buts durant ses 20 années et 1438 matchs dans la LNH n’était pas présent pour admirer les pièces de l’artiste Louise Lemieux Bérubé, qui avait reproduit des interprétations en tissage de photographies à partir d’images d’archives du hockeyeur. Atteint de la maladie d’Alzheimer, il n’était par contre pas très loin, lui qui réside dans un centre d’hébergement de soins de Laval.

La création de Louise Lemieux Bérubé rendant hommage au « Pocket Rocket ».
Photo Pierre-Paul Poulin
La création de Louise Lemieux Bérubé rendant hommage au « Pocket Rocket ».

Source d’inspiration

Mais plusieurs de ses coéquipiers de l’époque, avec qui il a fait la pluie et le beau sur les patinoires de la LNH de 1955 à 1975, tenaient à participer à la fête en son honneur. Pas question de passer sous silence tout ce que le « Pocket Rocket » a fait au fil de sa carrière.

« Henri, c’était une source d’inspiration. Je le regardais à la télévision quand j’étais ti-cul. Quand je suis rentré dans le vestiaire du Canadien la première fois, c’était intimidant de le voir avec tous ces grands qui l’entouraient, a raconté le « Démon blond », Guy Lafleur, qui a débarqué dans le vestiaire du Tricolore en 1971.

« Il m’a beaucoup aidé à mes débuts, a tenu à préciser Lafleur, qui a d’ailleurs partagé sa chambre avec Richard à ses premiers coups de patin dans la LNH. Ce n’était pas toujours facile, car je ne jouais pas de façon régulière. Il me disait de jouer et de laisser faire (Scotty) Bowman. »

Plus facile à dire qu’à faire... Mais Lafleur a connu ses premiers grands moments de gloire avec le capitaine au printemps 1973, alors qu’il a remporté sa première coupe. Richard gagnait pour sa part sa 11e bague.

« C’est à ce moment que j’ai vu l’importance d’Henri et de l’ancienne gang. C’était un gars fier, passionné et il voulait toujours être le meilleur. Il n’acceptait jamais la défaite. »

« Henri, c’était un rassembleur, a ajouté Guy Lapointe, coéquipier de 1968 à 1975 qui a multiplié les anecdotes avec l’homme. C’était un gars combatif sur la patinoire avec sa petite taille, surtout dans notre temps. »

Ex-compagnons tristes

Plusieurs des anciens du CH lui rendent encore visite à sa résidence. Lafleur l’a vu il y a à peine quelques mois, alors qu’il était accompagné de Réjean Houle.

« Il m’avait reconnu, mais pas Réjean, a souligné Lafleur. C’est triste, car même s’il a vieilli physiquement, il est pareil. Tu ne souhaites jamais ça à personne, même à ton pire ennemi. »

Houle continue encore à visiter celui à qui il a refilé la rondelle pour marquer le but victorieux face aux Blackhawks de Chicago au match ultime de la finale de la Coupe Stanley en 1971.

« C’était un phénomène. Il reculait devant rien. On avait besoin d’un lasso pour le ramener au banc. C’est triste de le voir dans cet état. L’âge et la maladie l’ont emporté.

« J’avais pris une dernière bière avec lui aux funérailles de Jean Béliveau. On voyait que sa maladie commençait, s’est rappelé Lapointe qui a vu sa belle-mère s’éteindre de cette maladie. J’aime mieux garder de bons souvenirs de lui. Quand je regarde ces œuvres de lui sur le mur, j’en ai la chair de poule.

Un au revoir

Dans l’une de ses images tissées, l’artiste présente Richard saluant la foule dans l’une de ses nombreuses présences publiques. À bien observer derrière l’immense autographe, on aperçoit la photo de la patinoire du Forum. Après avoir consulté des milliers de photos d’époque,

Mme Lemieux Bérubé a superposé des images afin de présenter des œuvres complètes présentant plusieurs éléments. Cette image tissée est accrochée au-dessus de la porte de sortie de la Place Bell.

« Je considère cela comme sa fin de carrière et un au revoir, a expliqué l’artiste, qui a bien connu Henri et sa conjointe. J’ai pris cette réalisation comme un défi et un devoir. Je désirais rendre hommage à Henri et je l’ai fait. »


« Henri m’a donné la meilleure leçon de vie et fait réaliser pourquoi il avait gagné 11 coupes. Au lendemain d’une soirée de fête arrosée avec des chums en ville, quelqu’un m’a donné un bon coup de hockey derrière la jambe. Quand je me suis retourné, j’ai vu Henri. Il m’a dit: “Hey Lambert, si tu peux sortir, tu peux travailler. »

– Yvon Lambert


« Dans un restaurant à Chicago à mon année recrue, tout le monde autour de la table avait commandé des bières. J’avais commandé une liqueur douce... J’ai aussitôt reçu un coup de coude dans les côtes. C’était Henri qui me disait que si je voulais durer dans cette ligue, je devais me mettre à boire de la bière. Elle était bien bonne.»

– Guy Lapointe


« J’ai gagné avec lui quatre des cinq premières coupes. Henri jouait toujours à 150 %. Il le fallait dans ce temps-là, car sinon, on pouvait perdre notre job. Il y avait seulement quelques équipes. Ça fait mal au cœur de ne pas le voir ici. C’est malheureux. Je suis là pour lui. Les œuvres le représentent bien. »

– Phil Goyette


« Henri ne parlait pas beaucoup, mais il parlait par son jeu sur la glace. Il mérite cet honneur. L’Alzheimer est une maladie invisible et destructrice. La tête chez l’humain, c’est tellement important. J’ai récemment su que je commençais aussi à souffrir de cette maladie. On n’a pas d’autre choix que d’accepter son sort. »

– Robert Rousseau

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