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Le BST sonne l’alarme au sujet de la fatigue dans les transports

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OTTAWA – Le Bureau de la sécurité des transports (BST) a dénoncé lundi la lenteur du gouvernement fédéral à répondre à ses recommandations, pressant du même coup Ottawa d’agir pour contrer la fatigue dans les secteurs ferroviaires, aériens et maritimes.

Plus de 60 recommandations du BST sont actuellement en suspens, dont le tiers datent d’au moins 20 ans, a rappelé l’agence d’enquête lors du dépôt de sa liste des enjeux critiques à surveiller au pays en 2018.

«L’inaction peut coûter des vies», a insisté la présidente du BST, Kathy Fox, qualifiant le manque de suivi fédéral de «grosse déception».

En 2016, le bureau déplorait déjà la lenteur de l’action gouvernementale. Bien que Transports Canada ait promis il y a deux ans d’accélérer ses processus, le BST dit n’avoir constaté aucune amélioration.

«C’est toujours possible de faire mieux», a admis le ministre des Transports, Marc Garneau, soulignant toutefois que le nombre de recommandations en suspens a diminué en deux ans.

La fatigue, facteur de risque

Au premier chef, Ottawa et l’industrie du transport doivent donner un sérieux coup de barre pour s’attaquer aux dangers de la fatigue dans les secteurs ferroviaires, aériens et maritimes, a averti le bureau.

Depuis le début années 1990, l’agence indépendante a identifié la fatigue comme un facteur de risques dans plus de 90 événements au pays.

Le problème de la fatigue sur les rails avait déjà été montré du doigt par le BST. Cette année, l’agence élargit aux trafics aériens et maritimes son évaluation de la gravité du problème.

Le BST note que la fatigue est «omniprésente» dans les transports où les activités se déroulent 24 heures sur 24, sept jours par semaine.

Autant Transports Canada que les employeurs et les travailleurs ont une responsabilité partagée pour contrer le problème, d’après l’agence, qui réclame de «profonds changements d’attitude et de comportement».

«D’année en année, ce sont exactement les mêmes problèmes qui reviennent», a critiqué le porte-parole néo-démocrate en matière de transports, Robert Aubin, selon qui le fédéral fait preuve de laxisme envers les grandes corporations.

Les conservateurs ont jugé «incompréhensible» l’inaction fédérale, tandis que le Bloc québécois a taxé Transports Canada de «négligence».

Le ministre Garneau a assuré que le fédéral publierait «aussitôt que possible» ses nouveaux règlements sur la fatigue, pour lesquels le processus de consultations est toujours en cours. Le secteur de l’aviation sera le premier ciblé, a-t-il précisé.

Autres enjeux

Par ailleurs, la liste de surveillance du BST ne mentionne plus l’enjeu du transport de liquides inflammables, qui y figurait depuis la tragédie de Lac-Mégantic. Selon le bureau, Transports Canada et l’industrie ferroviaire ont suffisamment amélioré leur gestion de risque, en plus d’avoir accéléré le retrait des wagons-citernes DOT-111, mis en cause dans la catastrophe de 2013.

Parmi les sept enjeux ciblés pour 2018, le BST s’inquiète également des décès dans la pêche commerciale, qui s’élèvent à 17 depuis le début de 2018, un record en dix ans.

Les incursions sur piste dans les aéroports canadiens sont aussi identifiées comme préoccupantes.