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Légitimer le travail du sexe

Légitimer le travail du sexe
AFP

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La Fédération des femmes du Québec (FFQ) a reconnu dimanche le travail du sexe comme étant un choix de carrière consensuel, prenant finalement position dans ce débat qui divisait jusqu’alors ses membres.

Il est important de différencier la prostitution du travail du sexe puisque ce dernier est pratiqué par des personnes consentantes qui choisissent ce travail pour diverses raisons plutôt que par de jeunes adolescent.e.s contrôlé.e.s par un.e proxénète. La FFQ a réussi de ce côté puisque les échanges consensuels, les situations d’exploitations et la traite humaine sont différenciés dans leur proposition.

Légalisation

Le travail du sexe est présentement décriminalisé, alors l’achat et la vente du sexe sont tolérés, mais tout ce qui l’entoure reste un acte criminel, rendant virtuellement impossible son exécution. Choisir ses clients par téléphone, négocier les prix à l’avance, avoir un lieu de travail fixe ou le partager avec d’autres et avoir recours à une tierce personne pour fixer les rendez-vous sont toutes des pratiques illégales, mais qui assureraient la protection des travailleurs et travailleuses du sexe.

Si le travail du sexe était légalisé et encadré, ceux et celles qui le pratiquent seraient plus en sécurité, auraient un salaire plus stable et pourraient avoir accès à plus de ressources et à de meilleurs avantages sociaux. Les travailleurs et travailleuses seraient aussi beaucoup mieux protégé.e.s par la loi sous ces conditions.

Féminisme intersectionnel

Certains verront cette reconnaissance du travail du sexe par la FFQ comme une incitation au proxénétisme. Au contraire, j’y vois, finalement, une acceptation que les travailleurs et travailleuses ont assez d’autonomie pour consentir à leurs propres choix et seront accueilli.e.s dans le mouvement féministe sans jugement. La base du féminisme intersectionnel, c’est l’acceptation que nous sommes tous et toutes différent.e.s et que nos réalités et besoins le sont aussi.

Le travail du sexe est vieux comme le monde et perdurera qu’il soit légal ou non. Alors, j’applaudis cette décision de la FFQ puisqu’elle aidera à mettre fin aux préjugés. Le travail du sexe, c’est justement ça, un travail. Il est grand temps qu’il soit traité ainsi.

Écoutez les réactions de Josée Legault au sujet de cette chronique à partir de 02m.04s.

 

 

Cette chronique est en lien à la semaine de Josée Legault.

 

 


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