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Malabar: le costumier centenaire plie boutique

Malabar: le costumier centenaire plie boutique
NADIA LEMIEUX/24 HEURES/AGENCE QMI

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Un magasin de costumes vieux de 115 ans fermera définitivement ses portes mercredi soir, juste après avoir liquidé ses stocks pour l’Halloween.

Ouvert en 1903 dans le Vieux-Montréal, le Malabar Costumier est devenu au fil du temps une véritable institution montréalaise dans son domaine.

Mais jeudi matin, l’endroit, qui a depuis déménagé au 5121, avenue du Parc, sera fermé pour de bon et la propriétaire, Susan Cohene, entamera une retraite bien méritée.

«Je vieillis. Je veux vraiment passer du temps avec mes enfants, jouer avec mes petits-enfants et voyager avec mon mari. Juste respirer un peu. C’est le temps de relaxer», a lancé celle qui a accordé 25 ans de sa vie au Malabar.

Pas de remplaçant

Depuis 2016, Mme Cohene tentait de trouver un remplaçant plus jeune pour reprendre les rênes du Malabar, mais ses démarches n’ont pas été fructueuses. Personne, a-t-elle dit, n’était prêt à prendre en charge le travail colossal qui vient avec le magasin.

Le Malabar est le seul magasin de costumes à Montréal à avoir sur place un atelier pour confectionner et ajuster les costumes.

«Ce n’est pas comme quand tu achètes un costume dans un paquet à l’entrepôt. Ici, on fait les costumes et on fait toutes les retouches. Quand on loue, on fait les bas de pantalon, on retouche la taille. On lave les perruques, on les repeigne et on les recoiffe. On fait tout le travail pour s’assurer que les costumes partent en parfait état», a-t-elle expliqué.

Toutes ces étapes doivent être suivies à la lettre chaque fois que l’un des 7000 costumes est loué.

En changement

Susan Cohene précise que les affaires du Malabar se portaient toujours relativement bien, mais que les costumiers en général faisaient de plus en plus les frais de l’avènement du commerce en ligne.

Il est désormais possible de commander des costumes en tout genre pour une fraction du prix de ceux qui sont faits main par des costumiers locaux sur les grands sites d’achats en ligne, dont le géant Amazon.

«Tu peux juste faire "clic" et le costume arrive demain par la poste! Tu ne peux pas compétitionner», a confié Mme Cohene.

Elle soulève également que le mode de vie pressé des Montréalais complique le travail des costumiers, car de nombreux clients sous-estiment le temps nécessaire pour confectionner ou retoucher un costume.

Pour couronner le tout, le Malabar, spécialisé en costumes d’époque, ne peut plus répondre aux demandes des jeunes générations, qui réclament de plus en plus des costumes de personnages d’animés japonais ou de séries télévisées à succès.

Jusqu’à 21 h mercredi, tous les costumes du Malabar peuvent être achetés à 40 % du coût normal de leur location. Après, ils seront offerts gratuitement à des écoles de théâtre.