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Bye-bye Gertrude Bourdon

Bye-bye Gertrude Bourdon
Photo Pascal Huot

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Dommage... Selon La Presse, la très humble Gertrude Bourdon, candidate libérale «vedette» défaite dans Jean-Lesage, ne pourra pas récupérer son ancien poste lucratif de PDG du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ).

Mme Bourdon, on s’en souviendra longtemps, fut la principale étoile filante de la campagne électorale. Après s’être vantée publiquement que son arrivée en politique allait «marquer l’histoire», les électeurs de son comté en ont décidé tout autrement.

On se souvient aussi qu'avant la campagne, Gertrude Bourdon s’était «magasinée» un parti politique entre la CAQ et le PLQ. Son seul objectif étant d’obtenir du chef la promesse ultime qu’elle serait faite ministre de la Santé.

Mme Bourdon a peut-être un peu trop pris le chef caquiste François Legault (et les électeurs) pour une valise.

Avant d’opter pour le PLQ, elle avait en effet rencontré M. Legault trois fois et son chef de cabinet, quatre fois. Le tout, dirait-elle plus tard, pour tenter de connaître les positions de la CAQ en santé. Vraiment?

Or, comme je l’écrivais ici, le fait est que ces positions étaient tout à fait accessibles par Google!

C’est pourquoi ces sept rencontres avec la CAQ – ce qui est beaucoup -, tenues avant de sauter au PLQ en clamant par la suite qu’elle partageait complètement les «valeurs libérales»,  ça sentait pas mal plus le guet-apens qu’un simple «magasinage» politique.

Bref, dès le début, la saga Bourdon ne sentait pas très bon. Sur tous les plans.

Malgré cette chute spectaculaire, comme le rapportait le Journal, Mme Bourdon s’est néanmoins  empressée à exprimer son désir de retrouver son poste de PDG du CHUQ. Comme si de rien n’était.

Et donc, selon La Presse, cela ne serait pas possible :

«Le conseil d'administration (du CHUQ) qui a reçu sa candidature est réticent devant une ancienne patronne qui s'est mis à dos les décideurs du gouvernement Legault. Le conseil d'administration qui a mis en branle un processus pour le choix d'un nouveau PDG aura à soumettre trois noms à la ministre de la Santé, Danielle McCann. Or, même si Mme Bourdon, qui a démissionné de son poste pour tenter sa chance en politique, faisait partie des trois propositions, il est acquis que le gouvernement ne retiendra pas cette candidature».

***

Si la chose s’avérait, certains seront sûrement tentés d’y voir un geste de vendetta politique de la part du nouveau premier ministre et de sa ministre de la Santé.

Pour ma part, j’y verrais plutôt un geste de cohérence politique, sur la forme et sur le fond.

Après tout, une fois passée au PLQ, Gertrude Bourdon s’était montrée totalement en accord avec les réformes Barrette tout en s’opposant à toute renégociation de la rémunération des médecins spécialistes.

Ce qui, sur la forme et sur le fond, est aux antipodes du programme de la CAQ. Ce n'est tout de même pas un détail.

Comme quoi, c’est bien beau de se «magasiner» un parti politique dans le seul but présomptueux d’accéder au tout-puissant poste de ministre de la Santé.

Encore faut-il être aussi capable d’admettre après coup que ses propres positionnements sont contraires à ceux du nouveau gouvernement. Lequel, lui, a reçu le mandat de les appliquer.