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La Bourse de Toronto forcée de défendre sa présence aux Bermudes

Le chef de la direction du Groupe TMX, Lou Eccleston.
Francis Halin Le chef de la direction du Groupe TMX, Lou Eccleston.

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Le numéro 1 du Groupe TMX, maison-mère des Bourses de Toronto et de Montréal, défend vigoureusement ses investissements dans la Bourse des Bermudes, un paradis fiscal couru par les riches.

« C’est légal. Tout ce qu’ils font est légal. Tout est régulé », s’est défendu le chef de la direction du Groupe TMX, Lou Eccleston, en marge du Forum FinTech, au Palais des congrès de Montréal, hier.

En gros, le grand patron du Groupe TMX a qualifié « d’investissement passif qui a été fait il y a longtemps » sa participation de 16 % dans la Bourse des Bermudes.

« On évalue toujours tout ce que l’on a, mais c’est un investissement passif. On n’ajoute pas d’argent supplémentaire », a-t-il précisé.

« Une distraction »

Questionné par Le Journal au même forum, le PDG de la Bourse de Montréal, Luc Fortin, s’est lui aussi empressé de minimiser l’importance de cet investissement.

« C’est plus une distraction », a-t-il résumé. À preuve, la valeur de ce placement vaudrait aujourd’hui moins d’un million $, selon lui.

De son côté, le professeur associé en économie à l’UQAM, spécialiste des paradis fiscaux, Julien Martin, se demande pourquoi la Bourse canadienne investit aux Bermudes.

« Est-ce que le fait qu’ils détiennent 16 % rend les choses plus faciles pour faire de l’évitement fiscal ? Il faudrait voir », s’interroge-t-il.

Mauvais message

« On envoie le message que les Bermudes sont un pays comme un autre, alors que c’est un paradis fiscal ultra-permissif opaque, au centre d’énormément de scandales financiers dans l’histoire », déplore quant à lui Alain Denault auteur de Paradis fiscaux : la filière canadienne.

L’an dernier, les investissements directs étrangers (IDE) des Canadiens aux Bermudes ont franchi le cap des 40 milliards $.