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Silence de l'ancien «boss» de l'UPAC; une attitude de malfaiteur

L'ex-patron de l'Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière
Photo d'archives, Simon Clark L'ex-patron de l'Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière

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En gardant le silence sur les raisons qui l’ont motivé à démissionner le jour de l’élection et en se sauvant comme un voleur, l’ex-boss de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) cause des dommages considérables à la crédibilité de cette organisation, censée, ironiquement, nous redonner foi en nos institutions publiques.

Que M. Lafrenière démissionne, il en a le droit. Nul n’est obligé de garder un emploi qui ne lui convient plus. 

Que M. Lafrenière, patron d’une organisation aussi névralgique dans un Québec ébranlé par des scandales de corruption, profite du fait que tous les Québécois et les journalistes aient leur attention rivée sur le scrutin pour filer comme un filou et démissionner sans donner la moindre explication, c’est agir en trouillard.

Comportement de malfaiteur

Que M. Lafrenière revienne de ses vacances sous le soleil et juge ses laconiques «Pas de commentaire!» valables en guise de réponse suite à son départ-surprise, c’est renier, bafouer la mission qu’il avait pourtant endossée avec fierté quand il a été nommé à la tête de l’Unité permanente anticorruption.

Sur le site Web de l’UPAC, il est écrit noir sur blanc que la mission de l’organisation est notamment : «...de contribuer à favoriser la confiance du public dans les marchés publics et les institutions publiques.»

En gardant le silence, Robert Lafrenière fait exactement l’opposé.

La nature ayant horreur du vide, cet ex-policier et sous-ministre sait très bien que ses secrets laissent place à toutes sortes de spéculations. Certaines peuvent même alimenter les théories du complot les plus folles.

Le départ cavalier et arrogant de M. Lafrenière, couplé à son mutisme désolant, est inacceptable, voire irresponsable.

François Legault n’a pas l’intention de forcer l’ex-patron de l’Unité permanente anticorruption à s’expliquer. Si M. Lafrenière reste muet, le premier ministre est, lui, dans l’obligation de donner des réponses. Les Québécois sont en droit de savoir ce qui grenouille au sein de l’UPAC.

Il en va de la confiance du public envers ses institutions; la responsabilité d’un chef d’État.