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Un novembre plus «yin»

Oxygene chronique
Photo courtoisie, Jean-François Brière, St-Jude Gym & Spa et Christian Liboiron Améliorer la posture, réduire le stress et augmenter la conscience corporelle, voici trois axes par lesquels le yoga pourrait améliorer la qualité de vie au quotidien et la performance sportive.

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De la sédentarité à la recherche de performance, d’une position assise pendant huit, neuf, dix heures à des sprints rythmés au quart de tour. Le temps manque. Celui qui reste pour l’activité physique, on a intérêt à le rentabiliser avec intensité. Et si on faisait en partie fausse route ?

« Le corps est bien fait, il s’adapte aux demandes de son quotidien... même si celui-ci n’est pas idéal », dit Julien Gagnon, professeur de yoga à Asana performance et étudiant en kinésiologie.

La tête projetée légèrement vers l’avant, les épaules voûtées, les hanches tendues, les vertèbres compressés, tout ça devient sa posture par défaut.

Retrouver une bonne posture

Or, prendre ce corps sorti de son axe de mouvement naturel et le lancer dans des défis vigoureux, sans grande préparation ou transition, aura forcément un impact sur les risques de blessures et sur la performance. Et si les raideurs du lendemain n’étaient parfois pas causées par la qualité de notre entraînement, mais bien par les mauvais plis de notre sédentarité ?

Julien Gagnon propose d’utiliser le yoga régénérateur comme un pont entre sa sédentarité imposée et son sport de prédilection.

« C’est un excellent outil pour contrer les mauvaises habitudes posturales, ce qui a une influence sur la qualité de vie au quotidien et sur les performances pour un athlète. L’idée ce n’est pas d’arrêter de bouger, au contraire, mais de rétablir l’équilibre plutôt que de passer de rien à tout, puis de tout à rien », ajoute le professeur de yoga.

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Photo courtoisie, Jean-François Brière, St-Jude Gym & Spa et Christian Liboiron

Mieux habiter son corps

Sans surprise, on passe un temps fou dans notre tête. Le corps, il sert à se rendre du point A au point B, si on en a besoin. Ralentir sa pratique sportive permet de développer une précieuse connexion avec son corps, selon Marie-Daphnée Roy, dont la spécialité en approche « restaurative » est réputée dans tout le pays.

« Si on est toujours dans l’intensité, ce qu’on remarque, ce sont des sensations fortes comme la sueur, les douleurs aux jambes ou le souffle court. Lors d’une pratique de yoga dans laquelle on conserve les positions pendant plusieurs minutes, on arrive à ressentir notre corps avec plus de subtilités », explique-t-elle.

L’avantage, c’est ensuite de se rendre compte en cours d’exercice si notre hanche gauche est tendue et si on respire moins bien qu’à l’habitude. Ou simplement constater notre limite de fatigue au quotidien dans une approche plus préventive que réactive.

« Le corps n’est plus qu’un véhicule déconnecté », précise Marie-Daphnée Roy.

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Photo courtoisie Jean-François Brière, St-Jude Gym & Spa et Christian Liboiron

Meilleure réponse au stress

« Le yoga régénérateur plonge le corps dans un état de repos favorisant la récupération, ajoute Julien Gagnon. Nombreuses sont les personnes dont le système nerveux est complètement taxé. En état perpétuel de légère tension, le corps n’entre pas dans un état où le système parasympathique peut rétablir l’équilibre. »

Ce dernier en étant responsable, la qualité du sommeil et de la digestion en paient le prix. On peut bien être fatigué...

« Si on fait juste se lancer partout, on n’arrive pas à soi. Ralentir permet de développer une meilleure attention sur ce que l’on ressent. Dans notre corps, mais aussi dans notre tête et dans notre cœur », dit Marie-Daphnée Roy.

Chez les athlètes, pour qui la progression doit toujours se jouer sur les limites de l’adaptation de leur corps, cela se traduit par une meilleure compréhension de celles-ci, et ainsi par une réduction des risques associés au surentraînement. Pour nous tous, une plus grande conscience corporelle peut en premier lieu nous aider à mieux cerner les conséquences de notre sédentarité, puis nous motiver à bouger, tiens !

4 indices qu’il vaut mieux ralentir plutôt que de s’activer

Lorsque l’on sait que l’on ne bouge pas assez (les 150 minutes d’activités physiques à intensité moyenne ou élevée par semaine recommandées par l’Organisation mondiale de la santé), on n’a pas le réflexe de s’immobiliser dans une pratique de yoga restauratif. Or, voici quatre signes qu’on en retirerait pourtant de grands avantages.

  • Si on accumule plus de six cycles d’inspiration-expiration dans une minute, notre respiration n’est probablement pas assez profonde. Un souffle court est l’une des manifestations du stress.
  • Si on s’endort lorsqu’on s’allonge dans la posture de relaxation savasana [ou dès que l’on tente de ralentir], notre corps est épuisé.
  • Si on se réveille toujours fatigué le matin, notre sommeil n’est pas assez récupérateur.
  • Si on ressent un malaise ou que l’on stresse dès qu’on est forcé momentanément à attendre ou dès qu’on se retrouve dans le silence ou le calme, notre système nerveux est probablement taxé.