/misc
Navigation

Tesla au pays d'en-bas

Tesla au pays d'en-bas

Coup d'oeil sur cet article

L’absurdité se trouvait mise à jour en page 5 du Journal de lundi. Le 29 octobre, annotons tout de suite le calendrier pour apprécier la suite des choses...

Il n’était pas nécessaire d’être marxiste-sososolidaire pour avoir la nausée: d’un côté, un paraplégique rampant devant la Régie de l’assurance-maladie du Québec; de l’autre, un fonctionnaire de l’aristocratie locale qui conservera sa voiture de luxe...

On ne peut mieux illustrer la nature de l’État-providence, si instinctivement égocentrique, toujours en manque de quelque chose, se plaignant mensongèrement du confort des autres pour ajouter au sien...

Et qui se dresse comme une forteresse devant un pauvre homme qui ne peut plus rien seul, amputé des mains et des pieds. S’il avait perdu la langue, on n’aurait rien su, surtout de la RAMQ...

Devant son évidente détresse, la vénérable société d'État a naturellement tergiversé durant plusieurs mois, le bénéficiaire n’étant pas conforme aux critères d’admissibilité aux prothèses...

Jusqu’à ce que Le Journal signale cette cruauté et que le député Pascal Bérubé promette de prendre fait et cause pour le survivant. Deux coups de fils auront suffi ensuite pour que la RAMQ achète des prothèses...

Tesla au pays d'en-bas
Photo d'archives Simon Clark

L’État-Providence n’est pourtant pas chiche envers tout le monde. Il ne l’est certainement pas envers ceux qui l’incarnent, à commencer par ces coqs-en-pâte qui ne risquent rien, hormis de voir les détails de leurs conditions de travail étalés sur la place publique. C'est heureusement ce qui nous distingue de la Roumanie d'Herta Müller...

Ainsi a-t-on appris que le boss d’Investissement Québec, le Club des petits déjeûners des capitalistes mal pris, dispose d’une allocation annuelle de 30 000 $ lui permettant de rouler en Tesla, une bagnole électrique à la mode. La Leaf et la Volt ne conviennent pas aux condors de l'Île-des-Soeurs...

Et vous verrez que des allocations de 30 000 $, comme des Telsa, ils en voudront tous, les champions du petit déjeûner subventionnaire...

Ils voudront contribuer au mieux-être de la planète. Comme si ça changeait quelque chose au bilan environnemental, un carrosse à batterie de plus...

L’effet qu’aura la Telsa de nos capitalistes d’opérette sur la fonte des glaces et le niveau de la mer, il vaut mieux ne pas y penser, sinon comme à un vent dans une fromagerie...

Même si tous nos fonctionnaires s’y mettaient, amoindrirait-on l’impact qu'ont et qu'auront les milliards de Chinois et les milliards d’Indous sur le climat? L’ours polaire échapperait-il à la mort?

Est-ce qu’une Tesla dans le parc automobile d’Investissement Québec rend moins dommageables les GES gaspésiens de la cimenterie soutenue par Investissement Québec?

Comme dirait la très juste ministre de l'Environnement, Marie-Curie Chassé : «Poser la question, c’est poser une question»...

La Tesla, c’est la Préparation H dont Pierre Gabriel Côté avait besoin pour soulager les démangeaisons de sa conscience environnementale...

Avec 8000 $ par semaine, il ne peut se la payer, évidemment. Il doit refiler la facture aux contribuables les plus moutonnisés d’Amérique. Bèèèèè, Bèèèèè...

À la CAQ, c’est plutôt bip-bip-bip. Comme pour l'UPAC...

Avant les élections, ah!, ils étaient sévères, les caquistes, de vrais lions en cage. Legault, c'était Maximus... 

Maintenant libérés, les caquistes changent aussi vite que le temps passe; ils seront bientôt pareils aux autres, de gentils petits minous devant les maîtres des lieux...

Dans l’opposition, tout est si simple, n’est-ce pas? Le courage ne manque pas quand il s’agit d’aligner des mots et des figures de style en déchirant sa chemise...

Mais gare à la colère des partisans de la bouche bée! C’est avec les petits reculs que la CAQ risque de perdre pied et liquider son capital de sympathie...