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La SQDC est un très mauvais voisin

Certains commerçants songent à déménager tellement les activités de la société d’État les dérangent­

La file d’attente pour entrer dans le magasin de la Société québécoise du cannabis sur la rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal s’étend devant les commerces voisins.
Photo Ben Pelosse La file d’attente pour entrer dans le magasin de la Société québécoise du cannabis sur la rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal s’étend devant les commerces voisins.

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Des commerçants situés près de magasins de la Société québécoise du cannabis sont exaspérés par les longues files d’attente qui nuisent à leur entreprise, et certains songent même à déménager pour s’éloigner de la société d’État.

Louis Lespérance possède un bureau de comptables situé à côté de la succursale de Mirabel, dans les Laurentides. Depuis l’ouverture du commerce de cannabis, il y a deux semaines, il vit l’enfer.

Encore hier matin, un homme qui voulait de la marijuana est entré dans son bureau en demandant : «Est-ce que c’est ici qu’on peut avoir du pot ?» a-t-il demandé, selon le proprio.

M. Lespérance dit que ses clients ont de la difficulté à entrer dans son commerce puisqu’ils sont dérangés par la file de consommateurs de pot qui s’étend souvent sur plusieurs mètres.

Hier matin, il y avait au moins 125 personnes qui attendaient pour être admises à la Société québécoise du cannabis (SQDC).

«On voulait agrandir et prendre le local à côté, mais là, on songe à déménager», lance M. Lespérance, qui dit avoir reçu des plaintes de ses clients.

Toilettes­­ réservées

Le propriétaire de la pizzeria Döner Express, Hasan Sihyeak, pensait augmenter ses ventes avec les clients de la SQDC «en rage de bouffe».

Mais c’est plutôt l’inverse qui se produit. Il dit avoir perdu de la clientèle en raison du stationnement qui est toujours plein lorsque la SQDC est ouverte.

Les consommateurs de pot dans la file d’attente entraient dans son commerce uniquement pour se servir de ses toilettes. Il a donc dû mettre une affiche pour en limiter l’accès à ses clients.

Le restaurateur ne s’attend pas à ce que la situation se règle à court terme en raison de la pénurie de cannabis qui devrait durer jusqu’au printemps.

Les succursales de la SQDC étant fermées du lundi au mercredi, il s’attend à de grandes files d’attente et un stationnement rempli durant les fins de semaine.

Les affaires allaient bien pour François Chevalier, qui exploite le Minotaure, un commerce de suppléments alimentaires dans le même centre d’achat que la SQDC, à Mirabel. Il estime ses baisses de revenus à 10 %.

Il ne peut pas déménager pour le moment parce qu’il est déjà en train d’agrandir son autre magasin de Terrebonne.

Mais si la situation ne se règle pas, il n’exclut pas de partir.

«Si au moins les agents de sécurité s’occupaient du trafic dans le stationnement, mais ils ne le font pas», dénonce M. Chevalier.

Consciente du problème

La SQDC dit être consciente de la problématique de l’achalandage et du manque de places dans le stationnement. Elle admet avoir eu des problèmes à Mirabel et dans le quartier Sainte-Foy, à Québec, notamment.

«On demande aux commerçants de contacter leur propriétaire et ils vont nous joindre. Nous allons trouver des solutions», a promis le porte-parole de la SQDC, Mathieu Gaudrault.