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Le rêve déchu

Le rêve déchu
Photo courtoisie

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La pièce Des souris et des hommes, de l’auteur américain John Steinbeck, a été reprise sur les planches maintes fois depuis la parution du roman en 1937. Dans cette histoire sur l’amitié et le rêve, George et son ami Lennie (Benoît McGinnis et Guillaume Cyr) aspirent au rêve américain, mais découvriront de façon dramatique qu’il est loin d’être accessible à tous.

Dans cette Amérique des années 30, où chacun devait se retrousser les manches pour gagner sa vie, George et Lennie ne font pas exception. À force de persévérance, ils voyagent à travers la Californie, cumulant les petits boulots, travaillant d’un ranch à l’autre, espérant gagner suffisamment d’argent pour survivre et peut-être un jour vivre leur rêve, celui d’acquérir leur propre ferme et vivre en toute liberté.

Mais rien n’est facile. Lennie souffre d’un handicap intellectuel. Bien que George l’ait pris sous son aile, sachant qu’il pourrait difficilement survivre seul, Lennie demeure un boulet.

De grandes émotions

Au texte fort et percutant s’ajoutent plusieurs comédiens qui parviennent à transmettre de grandes émotions. Avec Benoît McGinnis, toujours aussi juste, et Guillaume Cyr des plus surprenants, on pourrait prétendre à la pièce parfaite si ce n’était de la scénographie terne et sans éclat et de la mise en scène ennuyeuse et sans surprise. On aurait souhaité davantage d’originalité du metteur en scène Vincent-Guillaume Otis. Quant à l’adaptation québécoise de Jean-Philippe Lehoux qui compte une multitude de sacres, un peu plus de subtilité aurait été appréciée.

Cette même pièce mise en scène en 2012 par Michèle Deslauriers était nettement supérieure.

Se permettre de tuer

En amenant le spectateur à se questionner sur l’idée de tuer par compassion, Des souris et des hommes est toujours d’actualité. Suffit de penser aux récents débats en lien avec le suicide assisté ou l’aide médicale à mourir.

Mais lorsque George préfère tuer son ami Lennie plutôt que de le voir souffrir, nous sommes bien loin de l’univers médical, où le médecin est celui qui décide si la souffrance est suffisamment grande pour mettre un terme à sa vie. L’auteur nous situe plutôt dans la véritable compassion d’un être humain envers un autre à travers une grande histoire d’amitié.

Une pièce qui suscite une importante réflexion.


Des souris et des hommes est à l’affiche au Théâtre Duceppe jusqu’au 1er décembre.