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Les amours gourmands de Judi Richards

Les amours gourmands de Judi Richards
Photo Ben Pelosse

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Judi arrive au restaurant le Seingalt de la Place des Arts de Montréal et se dirige directement vers le serveur pour le saluer avec prévenance. Puis, elle me dit : « C’est ma deuxième maison ici ! »... Voilà, la table est mise.

Judi a toujours eu une passion pour tout ce qui est harmonieux, tant en musique que dans sa vie familiale. En musique, elle affectionne particulièrement les harmonies vocales, où la douceur, la profondeur, l’apaisement et la puissance sont au rendez-vous. Elle a aussi tout au long de sa vie entretenu le partage et l’amour de la famille. Dans cet esprit, elle présente justement son nouvel album qui souligne exactement ce chemin de vie. Héritage, qui sortira le 23 novembre, est d’ailleurs un album fait avec ses filles.

Questionnaire gourmand

Présentez-moi votre accessoire de cuisine fétiche et pourquoi l’avoir choisi.

Le hachoir et le coupe-légumes manuel de Starfrit. Ce n’est pas un accessoire de luxe, mais il est tellement pratique. Je fais beaucoup de soupes et je n’ai que rarement le temps de faire de jolies tranches, alors cet appareil, d’apparence simple, m’aide beaucoup, que ce soit pour le gain de temps ou pour la régularité des coupes de légumes.

Avez-vous d’autres accessoires qui vous facilitent la vie dans la cuisine ?

Le Bullet Kicking Horse, bioéquitable, pour moudre le café, les graines de lin (dans le yogourt matinal), ou pour pulvériser les noix. Pratique aussi pour mélanger rapidement les ingrédients pour les sauces (pour ajouter un peu de tofu mou pour remplacer la crème, par exemple). Je ne peux plus m’en passer.

Pour vous, un repas et une soirée parfaite, c’est quoi ?

C’est quand le souper est préparé, de A à Z, en 20 à 30 minutes... incluant les petits pains chauds et les chandelles allumées. Il faut aussi dire que j’ai la chance, avec mon mari, d’aller souvent au restaurant. Donc, pour nous, une soirée parfaite, c’est se déplacer de notre appartement, à proximité du centre-ville de Montréal, à la Place des Arts de Montréal, directement de parking à parking ! (Rire) Nous profitons de la vie et nous adorons avoir cette chance de manger au resto et de ne pas payer la facture (Yvon étant propriétaire) ! Merci, Yvon, dit-elle avec un regard tendre de reconnaissance.

Racontez-moi la réalisation culinaire dont vous êtes la plus fière.

«Saumon bio grillé, humecté au bouillon de légumes, champignons et canneberges, haricots verts, riz basmati aromatisé aux herbes. Simple, mais savoureux.»
Photo Adobe Stock
«Saumon bio grillé, humecté au bouillon de légumes, champignons et canneberges, haricots verts, riz basmati aromatisé aux herbes. Simple, mais savoureux.»

Il y a longtemps, quand je ne connaissais pas les dérapages de l’élevage et les abattoirs de masse, je faisais de très bons plats de filet de porc à l’érable. Aujourd’hui, plus consciente, notamment grâce à ma fille Karine qui est végane, je tourne davantage ma cuisine vers le végé, avec des légumineuses, entre autres, mais en m’autorisant, encore pour le moment, les poissons et les fruits de mer. Yvon, lui, est un vrai carnivore (steak, patates, etc.), mais il a fait beaucoup de progrès. (Rire) Saumon bio grillé, humecté au bouillon de légumes, champignons et canneberges, haricots verts, riz basmati aromatisé aux herbes. Simple, mais savoureux.

Dites-nous que vous ratez les choses à l’occasion et qu’il vous est déjà arrivé de servir un plat complètement raté...

La première fois que j’ai cuisiné pour la famille d’Yvon, j’avais vingt ans. J’ai raté un rôti de bœuf. Avec le temps, j’ai essayé d’oublier mon exploit. (Rire) Sincèrement, je crois que c’était beaucoup trop cuit. En tout cas, dur à mastiquer ! À bien y penser, je crois que la sorte de viande que j’avais choisie aurait été mieux pour un mijoté à feu doux, pendant bien des heures... Mais pour moi, les mots longtemps et cuisine ne vont pas ensemble.

Meilleure expérience culinaire à vie ?

Foie gras à Monaco
Photo Adobe Stock
Foie gras à Monaco

Yvon jouait en France, à Cannes, en 1983 ; rendus à la fin de la tournée, nous étions tous les deux fatigués (moi, de l’avoir vu aller !)... On a donc décidé de faire un tour à Monaco pour la vue splendide de la baie et pour se changer les idées. On est tombés sur un petit resto avec quelques tables sur le trottoir et là, on a dégusté avec un immense plaisir du foie gras fantastique. Nous avons choisi aussi, pour la suite du repas, un Château Lafitte. Ce moment, nous le gardons tous les deux dans notre cœur. Ce fut un moment mémorable !

Ça sentait quoi chez vous, dans la cuisine, lorsque vous étiez petite ?

La cuisine était chaude et humide ; ça sentait l’amidon des patates qui bouillaient et parfois une fricassée qui était nettement mieux. Oignons, bœuf haché avec tomates, petites patates... mais tout en conserve ! Signe de l’explosion des années 1950-1960... Ouf ! Ce furent des moments de révolution culinaire, du petit mijoté au TV Diner, en passant par la suite, jusqu’à la découverte des poissons, des fruits de mer, et de cuisine plus élaborée. J’ai le sentiment d’avoir été témoin de l’histoire de la cuisine et de son évolution au Canada.

Livre de recettes préféré ?

«Ces temps-ci, je lis <i>Ménager la chèvre et manger le chou</i>.»
Photo courtoisie
«Ces temps-ci, je lis Ménager la chèvre et manger le chou

Je lis toutes les recettes que je peux, ici et là, livres, magazines, afin de comprendre les nouvelles combinaisons et souvent des trucs de cuisson. Ces temps-ci, je lis Ménager la chèvre et manger le chou d’Hélène Baribeau et Marjolaine Mercier. Découvrir comment l’alimentation végétale peut transformer notre santé. C’est une encyclopédie de réponses exceptionnelles.

Fromage préféré ?

Fromage au porto
Photo courtoisie
Fromage au porto

Manchego, cheddar au porto, 10 ans. La clé, c’est le verre de rouge qui va avec.

Son carnet d’adresses

Restos préférés ?

Bouillon Bilk. J’ai craqué pour l’aubergine en steak. Hallucinant ! Et aussi, les sandwichs chez Aux Vivres. C’est ma fille végane qui m’a emmenée là, la première fois. Quelle découverte, c’est du végane succulent, les amis.

Resto préféré pour sortir en tête-à-tête ?

Les tête-à-tête, on les fait chez nous puisque nous avons beaucoup de sorties. Alors, lorsque nous le pouvons, nous restons à la maison pour un petit souper en amoureux.

Resto préféré pour vos sorties en groupe ?

Le Seingalt, de la Place des Arts, avant un bon spectacle. Attention, il faut réserver. Le chef, Benoit Lechasseur, est excellent. Et comme c’est mon chum qui est proprio, je ne paie pas. Je demande alors à mes amis de laisser un bon pourboire. Blague à part, c’est vrai que ce restaurant est formidable, pour la cuisine, mais aussi pour l’accueil et le service.

Boutique gourmande préférée ?

Mamie Clafoutis, à L’Île-des-Sœurs
Photo courtoisie
Mamie Clafoutis, à L’Île-des-Sœurs
Les pains carrés aux grains germés bios chez Première Moisson.
Photo courtoisie
Les pains carrés aux grains germés bios chez Première Moisson.

Mamie Clafoutis, à L’Île-des-Sœurs, pour ses superbes croissants aux amandes. Et Première Moisson au marché Atwater pour leur pain carré aux grains germés bios. Ce pain est killer en toasts. Le matin, j’adore ajouter une mince couche de cheddar fort, de la confiture aux ananas et me faire un bon café latté avec ça.

Resto préféré à l’extérieur de Montréal ?

Il Teatro à Québec. J’adore leurs pâtes bocconcini basilic. Aussi, pour l’atmosphère intérieure et extérieure, ainsi que me promener sur la rue St-Jean.

Dans le verre

Vin blanc : Cuvée Marie, un jurançon sec, délicieux.

Vin rosé : Pétale de rose.

Vin rouge : Dans notre jeunesse, Yvon et moi, on se payait la traite avec des Pontet-Canet et des Vosne Romanée, mais aujourd’hui, on boit des merlots et des pinots noirs plus légers. Sinon, mes filles, Karine et Sarah, ont enregistré plusieurs chansons de notre album Héritage au Studio Soundhouse de ma sœur Cyndi et de mon beau-frère John Jamieson, à Toronto. Nous avons alors célébré ensemble les liens de la famille avec un bon vin blanc ontarien, Hidden­­­ Bench Nuit Blanche 2013. Un délice !

De quoi ne pouvez-vous pas vous passer en cuisine ?

Sriracha ou Tabasco pour épicer. Et du sirop d’érable ou pommes pour sucrer.

Gourmandise coupable ?

Des Doritos !... Je les déguste comme une souris, un petit morceau à la fois, avec un regard espiègle et un sourire accroché aux lèvres.

Votre style de cuisine préférée ?

Aujourd’hui, le plus végé possible, ajoutant aussi poissons, crustacés, fèves... Donc, le moins possible de viande. Et quand la famille et les cinq petits-enfants arrivent un dimanche, ce sont des pâtes avec sauce marinara qui plaisent à tous, autant aux végés, dont ma végane de fille. Et petits pains grillés à l’ail avec ça. Bref, maintenant, la cuisine végétarienne répond à mes besoins de vie.