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Un réseau routier sous-développé

La nécessité d’investir en transport en commun ne peut pas faire oublier le fait que le réseau routier québécois est sous-développé.

Un réseau routier sous-développé
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Le débat sur le troisième lien continue à animer Québec. Dans le contexte de 2018, le débat tourne à la controverse environnementale. Ceux qui favorisent ce projet sont vite taxés de vouloir miser sur l’automobile au détriment du transport en commun, donc au détriment de l’environnement.

Pourtant, des questions semblables se posent à plusieurs autres endroits. Certaines routes du Québec sont congestionnées constamment. Explication : ce sont tout simplement des routes inadaptées aux régions ou aux populations qu’elles sont censées desservir. Des régions dont la population a explosé sans que les routes suivent.

La vérité, c’est que le réseau routier québécois est carrément sous-développé. Il est encore au niveau des années 1970, à l’époque du « On est 6 millions, faut se parler ». Nous sommes maintenant près de 8 millions et demi. De surcroît, durant la même période, la population s’est concentrée vers les centres urbains que sont Montréal et Québec.

TROIS VOIES

Des exemples me frappent. On parle rarement de l’autoroute 20 dans l’axe Québec Montréal. Cette route (que j’ai sillonnée intensivement depuis 30 ans) est de plus en plus encombrée. Le sujet est rarement débattu sur la place publique, mais l’autoroute 20 à seulement deux voies ne fait plus l’affaire.

Montréal est devenue une agglomération de trois millions d’habitants. La Capitale n’est plus une petite ville, mais une grande agglomération d’environ un million d’habitants. L’axe principal reliant deux zones urbaines de pareilles envergures devrait être une autoroute à au moins trois voies, dont celle de droite est interdite aux camions.

Aux États-Unis comme dans la plupart des pays avancés, ce serait le cas. On ne peut pas faire semblant de s’étonner de la congestion lorsque les infrastructures sont tout simplement inadaptées aux besoins.

Même scénario pour la portion centrale de l’autoroute 30 sur la Rive-Sud de Montréal. Depuis des décennies, le ministère des Transports savait que lorsque la 30 serait devenue une véritable voie de contournement de l’île, la section urbaine serait congestionnée du matin au soir. C’est exactement ce qui arrive. Les maires de la région demandent unanimement qu’on l’élargisse à trois voies.

Quant au troisième lien à Québec, force est de constater qu’à l’exception du petit traversier Québec-Lévis, la structure routière de la région de la capitale prend la forme d’un fer à cheval plutôt qu’une ceinture qui fait complètement le tour, comme dans la plupart des villes importantes.

ET LE TRANSPORT EN COMMUN ?

La 30, la 20 ou le 3e lien ne sont que des exemples. Il ne faut surtout pas placer en opposition des projets nécessaires qui visent à corriger un réseau routier déficient et l’urgence de développer le transport en commun. Ce sont deux priorités autant pour améliorer la fluidité des déplacements que pour réduire les émissions atmosphériques.

Des véhicules immobilisés polluent, gâchent la vie des citoyens et retardent la livraison des marchandises. Croire que l’amélioration des transports collectifs va régler tous les problèmes de transport constitue une illusion.

Nos transports en commun sont sous-développés ? Notre réseau routier aussi.