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Dans les coulisses d’une riche famille

Histoires de femmes, tome 1 : Eléonore, une femme de cœur, Louise Tremblay d’Essiambre, Guy Saint-Jean Éditeur, environ 400 pages
Photo Martin Alarie Histoires de femmes, tome 1 : Eléonore, une femme de cœur, Louise Tremblay d’Essiambre, Guy Saint-Jean Éditeur, environ 400 pages

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La romancière à succès Louise Tremblay d’Essiambre propose à ses lecteurs une incursion dans les coulisses d’une riche famille irlandaise installée dans le nord de Montréal, au début du siècle dernier, dans sa nouvelle série. Éléonore, une femme de cœur, est un roman aux accents de Downton Abbey. Il prouve que les grandes émotions concernent tout le monde, quelle que soit la classe sociale.

Cette nouvelle saga familiale campée dans les années 1920 explore un pan de l’histoire québécoise peu souvent représenté en littérature : celui du quotidien des riches familles anglophones et de leurs domestiques francophones.

Avec le talent qu’on lui connaît et un don pour faire revivre une époque en créant des personnages attachants, authentiques et vibrants d’émotion, Louise Tremblay d’Essiambre a donc imaginé le personnage de Marion, 13 ans.

L’aînée de la famille Couturier est engagée chez les O’Gallagher, de riches Irlandais, comme assistante en cuisine.

Quittant un foyer familial très pauvre et peu avenant, elle gagne vite la sympathie d’Eléonore Légaré, la cuisinière du manoir.

Pour la première fois de sa vie, Marion mange à sa faim, dort dans sa propre chambre et se trouve à l’abri des frasques de son père, un habitué de la taverne locale. Plus le temps passe, moins elle a le goût de revenir en arrière...

En entrevue, Louise dit qu’elle écrit les livres qu’elle aimerait lire, s’inspirant d’une phrase de Jacques Attali qu’elle a placée sur la vieille dactylo Underwood de son père.

« J’aime les auteurs qui ont une sensualité, qui nous font rentrer dans le paysage où ils sont, qui nous font sentir les odeurs, entendre les grillons. Je tripe à lire Marcel Pagnol et Carlos Ruiz Zafon parce qu’il y a tout ça. Et Jacques Expert qui nous écrit des romans qui nous empêchent de dormir. J’essaie de faire la même chose : j’aime ces auteurs qui nous prennent par la main. »

Madame Patmore

Son inspiration est venue de la série Downton Abbey pour créer Eléonore.

« J’ai tripé à écouter cette série, et le personnage qui pour moi sentait la tarte aux pommes, c’était madame Patmore, la cuisinière. Eléonore, pour moi, c’est madame Patmore. J’ai trouvé que dans la série, on ne la voyait pas assez. C’est ce visage que j’avais en tête, avec une tout autre histoire. »

Elle n’avait jamais raconté l’histoire de deux classes sociales qui vivent sous le même toit.

« Le tome deux est fini d’écrire et je suis en train d’écrire le dernier tome, le troisième, et je suis rendue en 1929. Ç’a été la grande crise. Je me suis demandé si les riches vont rester riches et si les pauvres vont perdre leur emploi. Et est-ce que des liens amoureux peuvent se créer entre les classes sociales ? »

Même si elle convient qu’on ne vit pas sur le même plan social que celui qui existait dans les années 1920, la vie quotidienne ne change pas tant que ça.

« La vie évolue, les technologies évoluent, on ne vit pas de la même façon... mais on vit les mêmes choses. »

Aider Marion

Marion est une femme en devenir. « Eléonore se rend compte qu’elle peut l’aider, qu’elle peut la façonner, parce que Marion vient d’un milieu familial plutôt rude. Mais elle peut lui montrer que la vie, ça peut être agréable, ça peut être beau et qu’il faut apprendre à travailler. Ce qu’Éléonore fait pour Marion, on va le voir tranquillement tout au long de la série, jusqu’à tant que Marion devienne une femme à son tour. »

  • Louise Tremblay d’Essiambre est mère de neuf enfants.
  • Écrivaine prolifique, elle est aussi peintre : elle signe la couverture du livre.
  • Elle a vendu plus de deux millions d’exemplaires des 45 ouvrages qu’elle a publiés.