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Entreprendre en couple a bien meilleur goût

Elizabeth et Steven font maintenant des affaires pour faire connaître davantage les vins du terroir québécois

Elizabeth Ryan et son mari, Steven Fortin, dans les bureaux de leur entreprise, le Sommelier Nordiq.
Photo Chantal Poirier Elizabeth Ryan et son mari, Steven Fortin, dans les bureaux de leur entreprise, le Sommelier Nordiq.

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Elizabeth Ryan et son mari, Steven Fortin, ont mis leur carrière de côté pour créer le Sommelier Nordiq et développer une nouvelle façon de parler des vins du Québec.

Elizabeth a laissé derrière elle une carrière à Radio-Canada pour se lancer en affaires et en couple avec un sommelier.

Ensemble, ils ont mis sur pied le Sommelier Nordiq, qui s’est donné pour mission de faire découvrir les vins du terroir québécois.

Tout a commencé par la création d’une page Facebook où Steven Fortin, un expert des vins nordiques, faisait découvrir ses coups de cœur dans des capsules que sa femme filmait et réalisait.

« Les vidéos ayant été vues plusieurs milliers de fois chacune, le téléphone s’est mis à sonner et l’idée de lancer un projet a pris toute la place », raconte Elizabeth Ryan.

La décision de s’y consacrer à temps plein s’est vite imposée.

« J’ai démissionné de Radio-Canada en juillet. Il nous fallait couper le fil avec nos emplois respectifs pour donner un véritable élan à l’entreprise. »

Quelques mois plus tôt, Steven Fortin avait quitté le restaurant où il travaillait. Il n’en était d’ailleurs pas à son premier virage professionnel, puisqu’il était infirmier en soins palliatifs avant de devenir sommelier.

Un saut vertigineux

Pour les deux, il s’agissait toutefois « d’un grand saut dans le vide, qui donne le vertige par moment ».

En plus des comptes qui continuent d’entrer alors que les réserves financières s’épuisent, il y a la peur de l’échec.

« On apprend à gérer l’anxiété, raconte Elizabeth Ryan. Au-delà de la pensée magique, j’ai réussi à me convaincre que les choses allaient se mettre en place au fur et à mesure, puisqu’on met tout notre cœur dans notre projet. »

Les événements semblent lui donner raison. En septembre, le Sommelier Nordiq a lancé la Boîte Nordiq, offerte en formule d’abonnement. Chaque mois, les abonnés reçoivent à domicile un boîtier qui contient deux bouteilles de vin sélectionnées par Steven Fortin, des éditions limitées et des cuvées spéciales provenant de petits producteurs, comme le Domaine Le Grand Saint-Charles, à Saint-Paul-d’Abbotsford, ou le Vignoble des Pins, à Sainte-Anne-de-Sabrevois.

À cela s’ajoute un contenu vidéo où le vigneron partage son histoire, sa démarche créative et des propositions d’accords mets et vins. Une façon de bonifier l’expérience de dégustation et, surtout, de mieux faire connaître les vins d’ici, « qui souffrent encore de préjugés négatifs ».

La vente et la livraison du boîtier sont assurées par le Vinologue, un marchand de vin avec qui le Sommelier Nordiq a conclu un partenariat.

Les abonnements, au coût de 100 $ par mois, se multiplient déjà. Le couple d’entrepreneurs a aussi eu des demandes pour des cadeaux corporatifs (en envoi unique) en vue du temps des Fêtes.

« On a ajouté cette possibilité à notre offre de services », explique Elizabeth Ryan, qui se dit très enthousiaste de voir l’intérêt que suscite déjà la Boîte Nordiq. Elle et son mari mijotent également d’autres projets, dont l’organisation d’événements et le développement d’une application mobile.

Entreprendre en couple

Comment conjuguent-ils entrepreneuriat et vie de couple ? « Notre chance, c’est qu’on a passé quatre ans dans le nord de l’Ontario, loin de notre entourage, quand j’ai été affectée à la station de Radio-Canada à Sudbury. Cela nous a permis de solidifier notre couple. On n’a pas peur de défendre nos idées respectives. De toute façon, dans tout partenariat d’affaires il y a des risques de tensions. Il faut juste savoir tracer la ligne à certains moments. »

Leur projet, c’est un rêve fou, concède Elizabeth Ryan. « Mais il y a quelque chose de beau dans les rêves fous. Et c’est enivrant de savoir qu’on peut changer de vie. »

Pour le couple, le plus grand risque aurait été de passer à côté d’une belle aventure, quelle qu’en soit l’issue. Comme son mari et partenaire d’affaires l’écrivait sur Facebook : « au pire, on se remariera ou on ira faire le tour du monde ».

Son parcours

  • Elizabeth Ryan, 33 ans
  • Maîtrise en Affaires internationales – Étude des droits de l’homme, Université Columbia, à New York, 2011
  • Chef de contenu radio, Radio-Canada, de 2011 à 2018
  • Cofondatrice du Sommelier Nordiq, 2018

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « De quitter mon emploi ! Me retrouver sans filet, c’est là où le meilleur de moi-même s’est mis à opérer. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « D’avoir pensé longtemps qu’on pouvait tout faire nous-mêmes. Vient un moment où il faut apprendre à accepter l’aide de l’extérieur pour se concentrer sur les tâches qui comptent le plus. »

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