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«Je suis fier d’avoir cru en mes rêves»

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Photo Agence QMI, Daniel Mallard Patrick Bruel offre son nouvel opus Ce soir on sort…, dont deux titres portent la signature de Pierre Lapointe.

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De la fébrilité à l’euphorie. Quand Patrick Bruel sort un nouvel album, en particulier lorsqu’il ose s’aventure hors de sa zone de confort musicale comme il le fait sur Ce soir on sort..., il passe par toute la gamme des émotions et se laisse aller aux confidences. Le Journal a pu le constater en deux rencontres avec la star française : l’une en personne à Paris, avant d’avoir pu entendre son nouvel album, puis l’autre, par téléphone, après l’avoir entendu. Résumé de nos conversations.

Paris

Septembre dernier. Dans un hôtel de luxe près des Champs-Élysées, Patrick Bruel confirme au Journal que deux titres de son album porteront la signature de Pierre Lapointe. Mais parce qu’il a été impossible d’écouter ledit album avant cette rencontre, on convient de se reparler plus tard. Ce qui n’empêche pas Bruel de se confier sur sa glorieuse carrière, qui s’étend sur plus de trois décennies maintenant.

«Il y a, dit-il en prenant le temps de bien choisir ses mots, une forme de fierté d’avoir cru en mes rêves. D’avoir beaucoup, beaucoup travaillé. De n’avoir jamais eu les choses facilement. De pouvoir me regarder dans la glace et me dire que j’ai fait les choses très honnêtement. J’ai beaucoup de chance que le public m’ait suivi dans mes audaces. J’aurais pu travailler autant, mettre autant d’énergie, autant de désir, autant d’envie, autant de talent et j’aurais pu ne pas rencontrer les gens.»

En se disant choyé d’avoir obtenu rapidement l’adhésion du public, Patrick Bruel avoue : «Je n’ai vraiment été content de moi.»

Vraiment ? «Je suis content de moi quand je suis sur scène», répond-il. «Dans le sens qu’il n’y a que sur scène que j’ai l’impression d’avoir touché quelque chose de grand. Cette impression est évidemment provoquée par l’adhésion d’un public. Tu ne peux pas avoir cette sensation si tu es tout seul. Tu as 95 000 personnes sur les plaines d’Abraham qui sont là depuis 14 h sous la pluie, qui te signifient pendant deux heures sous une pluie battante en sautant, en chantant, en dansant, en t’écoutant, en riant, en pleurant, que tu comptes pour eux depuis 30 ans. Ç'a été incroyable !»

Au téléphone

En déplacement entre deux rendez-vous, il y a quelques jours, Patrick Bruel appelle. On peut cette fois parler de ce nouvel album après écoute. Constat : on navigue sur ces quinze chansons entre le Bruel qu’on attend, avec des mélodies et des thèmes qui rappelleront ses albums du passé, et le Bruel qu’on n’attend pas, celui qui s’approprie les textes de Lapointe, Vianney, Mickael Furnon (Mickey 3D) et emprunte aux sonorités urbaines.

«Surprendre c’était le but de cet album. Il y a des choses dedans qui sont éminemment personnelles. Les chansons trouvent petit à petit leurs costumes à travers des arrangements qui sont différents, avec des sonorités fortes et modernes. Au niveau de l’écriture, on ne m’attendait certainement pas dans cette exigence. J’ai eu à cœur d’aller le plus loin possible avec mes textes.»

Mais parlons donc de ces fameuses chansons de Pierre Lapointe, qu’un média français considère comme les deux plus belles de l’album. Il y a Arrête de sourire, dans laquelle le Québécois met dans la bouche de Bruel des phrases inattendues. «Arrête de sourire, quand tu souris on voit à quel point t’es con...»

«Je suis touché par sa manière de parler, son côté un peu cru. Quand il m’a envoyé cette chanson, j’étais surpris par le propos. Je me demandais si c’était moi qui disais ça à quelqu’un. Alors qu’au contraire, je suis celui qui en général a plutôt tendance à sourire pour éviter de voir la réalité en face.»

La seconde Lapointe s’intitule L’amour est un fantôme, coréalisée, comme Arrête de sourire, par son frère David-François Moreau, qu’on a vu sur scène à l’ADISQ avec Pierre Lapointe, dimanche passé, quand ce dernier a remporté le Félix de l’album adulte contemporain pour La science du cœur, créé avec Moreau.

«C’était une formidable image pour moi. J’ai tellement inculqué le Québec autour de moi. De voir David tomber amoureux du Québec depuis quelques mois et de dire avec sincérité que c’est sa patrie de cœur, ça m’a beaucoup touché.»

Quant à son retour en spectacle chez nous, il faudra être patient. Patrick Bruel évoque l’automne 2019.


Ce soir on sort..., nouvel album de Patrick Bruel, en vente depuis le vendredi 2 novembre.