/finance/opinion/columnists
Navigation

L’emploi, l’épée de Damoclès de Legault

Coup d'oeil sur cet article

En matière de création d’emplois, François Legault aura tout un défi à relever au cours de son mandat de quatre ans.

Malgré une année 2018 plutôt moche jusqu’à présent, l’ex-premier ministre Philippe Couillard a placé la barre relativement haut en affichant la création de 212 000 emplois en 4 ½ ans de pouvoir, dont 91 % d’emplois à temps plein.

Cela donne à l’ex-chef libéral une moyenne annualisée de 47 111 emplois.

Sous son règne, le taux de chômage est tombé de 7,7 % à seulement 5,2 %, soit le deuxième plus bas taux au Canada, après la Colombie-Britannique avec son 4,1 %. Au Canada, le taux de chômage s’élève actuellement à 5,8 % et en Ontario à 5,6 %.

Le nombre de chômeurs au Québec s’élève présentement à 234 400. C’est 104 600 chômeurs de moins qu’en avril 2014 lors de l’arrivée au pouvoir de Philippe Couillard.

Si ça peut rassurer François Legault, la bonne performance de Philippe Couillard dans l’emploi s’inscrit dans une période florissante pour le marché du travail dans l’ensemble du Canada.

Le Québec ne faisait donc pas exception, loin de là.

Alors que sous Couillard (d’avril 2014 à octobre 2018) quelque 212 000 emplois additionnels voyaient le jour au Québec, il s’en créait 949 200 au Canada durant la même période de 4 ½ années, dont 387 200 en Ontario.

Par rapport au poids de leur population respective au pays, l’Ontario affiche une performance de création d’emplois supérieure au Québec. L’Ontario a créé 40,8 % de tous les emplois au Canada, comparativement à son poids démographique de 38,6 %. Pour sa part, le Québec compte pour 22,3 % des nouveaux emplois au Canada, comparativement à son poids de 22,6 %.

Emplois plus payants

Au cours de son mandat, François Legault va tenter de relever un autre défi de taille : réduire sensiblement l’écart entre la rémunération de nos employés et ceux de l’Ontario.

Selon les données sur la rémunération hebdomadaire moyenne compilées par Statistique Canada, le travailleur québécois gagne actuellement 4587 $ de moins par année que le travailleur ontarien. Dans le secteur manufacturier, l’écart grimpe à 4768 $.

Le chef caquiste a maintes fois « picossé » Philippe Couillard sur l’écart de salaire moyen entre nos travailleurs et ceux de l’Ontario.

Il lui a reproché, entre autres, d’avoir littéralement manqué son coup en n’exigeant aucun pourcentage de contenu local dans les appels d’offres que la Caisse de dépôt et placement du Québec a lancés pour réaliser le Réseau express métropolitain (REM).

Cette gaffe libérale a eu pour conséquence dramatique d’empêcher les travailleurs de Bombardier de La Pocatière d’obtenir le contrat de fabrication des trains du REM et ainsi de protéger des emplois payants. Comme on sait, la Caisse a préféré acheter des trains indiens !

L’inconnue

Lors de la campagne électorale, on aura noté que François Legault est resté discret sur le nombre d’emplois pouvant être créés d’ici 2022.

Le faible taux de chômage, la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs et un cycle de croissance économique avancé... sont autant de facteurs qui risquent de freiner la création d’emplois sous le règne caquiste.

Prudence oblige !