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Les débuts d’Henning Mankell

<b><i>Le dynamiteur</i></b>
Henning Mankell, Aux Éditions du Seuil, 224 pages
Photo courtoisie Le dynamiteur Henning Mankell, Aux Éditions du Seuil, 224 pages

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Le tout premier roman d’Henning Mankell vient d’être édité en français. À découvrir par plaisir ou par curiosité.

On avait très hâte de lire le premier roman d’Henning Mankell qui, en Suède, a été publié en 1973. Ayant toujours apprécié les livres et les héros (avec le célèbre commissaire Kurt Wallander en tête de liste !) de cet éminent écrivain décédé en 2015, on a donc été un peu décontenancé de découvrir que cette fois, on avait droit à un « vrai premier roman », la construction, le style et l’histoire comportant de nombreuses maladresses. Mais même là, après avoir tenu bon pendant quelques chapitres, on a fini par vouloir en savoir plus sur le mystérieux dynamiteur du titre.

Boum

En 1911, afin d’ouvrir de nouvelles lignes de chemin de fer traversant parfois les montagnes, les dynamiteurs suédois étaient régulièrement exposés aux pires dangers. Maniant des charges explosives depuis l’adolescence, Oskar Johansson perdra ainsi sa main droite et son œil gauche au fond d’un tunnel à moitié creusé. Un mal pour un bien, car aucun ouvrier n’avait encore jamais survécu à pareille explosion. Et après avoir passé plus d’un an à l’hôpital, Oskar retournera au boulot comme si de rien n’était, en épousant au passage la sœur de la femme qu’il fréquentait avant d’être mutilé.

On le retrouvera en 1962, sur une petite île de pêcheurs dont le nom n’apparaît pas sur les cartes. Un narrateur – dont le nom n’apparaîtra également nulle part – a en effet entrepris de relater les grandes lignes de la vie d’Oskar, l’existence de cet humble travailleur méritant d’échapper à l’oubli.

Notre verdict ? Même s’il ne casse rien, Le dynamiteur mérite lui aussi d’être lu pour avoir une meilleure idée de tout le chemin qu’Henning Mankell a parcouru depuis ses débuts.

Frissons garantis

Sótt

<b><i>Sótt</i></b>
Ragnar Jónasson, Aux Éditions de La Martinière, 352 pages
Photo courtoisie
Sótt Ragnar Jónasson, Aux Éditions de La Martinière, 352 pages

 

Dans ce nouvel opus de la série Dark Iceland, le jeune inspecteur Ari Thór vit à Siglufjördur depuis deux ans et demi. Autrement dit, c’est l’épisode qui suit Nátt, mais qui se déroule bien avant Mörk. Oui, il y a de quoi y perdre son islandais et du coup, on se demande encore pourquoi l’éditeur n’a pas publié tous les tomes dans le bon ordre. Cela dit, ça ne nous a pas empêchés d’en apprécier l’histoire, qui commence en fait fort mal : à cause d’un riche étranger français ayant d’abord voyagé en Afrique, la petite ville de Siglufjördur vient d’être mise en quarantaine afin d’éviter la propagation d’une fièvre hémorragique incurable...

Entre virus et poison

C’est dans ce climat oppressant qu’Ari Thór sera amené à enquêter sur une vieille affaire d’empoisonnement. Toujours désireux de comprendre ce qui s’est réellement passé 50 ans plus tôt à Hédinsfjördur, un fjord des environs désormais inhabité, un proche parent de la victime compte en effet sur l’aide de ce flic originaire de Reykjavík pour découvrir l’identité de l’inconnu qui apparaît sur une photo prise peu avant le drame. Et ne pouvant quitter la ville, Ari Thór fera une fois de plus appel aux nombreux talents de la pugnace journaliste Ísrún. Un bon polar polaire qui fait souvent froid dans le dos !

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

Le chemin montant

Gilles Vigneault, aux Éditions du Boréal, 120 pages
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Gilles Vigneault, aux Éditions du Boréal, 120 pages

 

« Chaque mot n’est qu’un pas de plus sur de la neige / Le printemps n’aura pas de mal à l’effacer. / Écrire, c’est un peu l’impression d’avancer / Comme un renard qui va, mais sans souci du piège. » De mémoire, c’est la première fois qu’on glisse dans cette page un recueil de poèmes. Venant de souffler ses 90 bougies, Gilles Vigneault n’a en effet jamais cessé d’avancer et avec ce tout petit livre, il nous invite une fois encore à apprécier son lyrique imaginaire.


Par le vent pleuré

Ron Rash, aux Éditions Points, 240 pages
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Ron Rash, aux Éditions Points, 240 pages

 

Ce roman d’apprentissage, qui se déroule dans les années 1960, met en scène deux frères qui tomberont simultanément amoureux de Ligeia Mosely, une hippie originaire de Floride prête à faire à peu près n’importe quoi en échange de tout ce qui pourrait la faire planer pendant quelques heures. Une histoire joliment racontée – Ron Rash fait partie de nos écrivains préférés ! – dont le dénouement est franchement noir.


Pourquoi nous dormons

Dr Matthew Walker, aux Éditions La Découverte, 368 pages
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Dr Matthew Walker, aux Éditions La Découverte, 368 pages

 

En Occident, deux tiers des adultes ne parviennent pas à dormir huit heures par nuit. Et les conséquences de ce manque de sommeil sont carrément cauchemardesques. Car en plus de favoriser une prise de poids et d’affecter la mémoire, il multiplie par deux les risques de cancer. Cet ouvrage, qui nous éclaire à fond sur la question, est donc un très précieux outil pour changer le cours de notre vie.


Tout savoir en 5 minutes

Sous la direction de Benjamin Bourque, aux Éditions du Journal, 272 pages
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Sous la direction de Benjamin Bourque, aux Éditions du Journal, 272 pages

 

Un livre qu’on regrette d’avoir autant tardé à découvrir, parce qu’il est franchement génial : qu’on veuille en savoir plus sur le nucléaire, la fabrication des skis alpins, la planète Cérès, les implants dentaires, Agatha Christie, Pierre Le Moyne d’Iberville, la pyramide de Khéops, l’expédition Franklin, la plus vieille maison de Montréal, les poux ou la hausse du niveau des océans, il nous informe en un clin d’œil sans jamais tomber dans les explications compliquées.