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Question : La poursuite d’Ottawa contre SNC-Lavalin menace-t-elle la compagnie ? Devrais-je me tourner vers son concurrent WSP ?


Réponse : Les deux entreprises ont un brillant avenir.

Le 10 octobre, le titre de SNC-Lavalin (SNC.TO) a plongé à son plus bas niveau depuis 2016 après qu’Ottawa eut annoncé ne pas accepter un accord de réparation. Le procès pour fraude et corruption en Libye a donc commencé lundi dernier. On l’accuse d’avoir versé des pots-de-vin pour 47,7 M$ entre 2001 et 2011, des accusations que l’entreprise réfute. SNC-Lavalin affirme qu’elle a « fait le ménage » depuis cette triste période et, si elle est condamnée, elle pourrait être bannie des appels d’offres fédéraux pendant 10 ans.

Certains croient que l’entreprise devra se privatiser ou, au pire, vendre ses activités d’ingénierie et de construction, qui emploient 9000 de ses 50 000 employés, ou simplement sa participation dans l’autoroute 407, au nord de Toronto. Mais le chef de la direction, Neil Bruce, refuse de « séparer la compagnie en morceaux ».

Ça va bien

SNC-Lavalin va bien : elle a rapporté un bénéfice de 120,7 M$ pour son troisième trimestre (comparé à 103,6 M$ l’an dernier). Le bénéfice ajusté de 96 cents par action fut au-delà des attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur 67 cents.

Le faible cours de l’action en fait une cible particulièrement attrayante pour un investisseur contrariant. Les revenus sont en hausse. Et le dividende aussi, depuis 17 ans (!), pour un rendement de 2,8 %. Le ratio de distribution est de plus de 63 % et le PEG 5 ans de 5,27 annonce, selon certains, une hausse des revenus annuels de 34 %. Le cours/bénéfice, à 25,6, est plus bas que celui de l’industrie. Les activités de génie apportent des revenus annualisés d’environ 10 M$. Ce géant réalise 52 % de son chiffre d’affaires (36 % dans le pétrole et le gaz et 23 % dans les infrastructures) dans les Amériques, 23 % au Moyen-Orient, 14 % en Asie et 11 % en Europe. SNC-Lavalin a remporté un contrat de 90 M$ US de sous-stations électriques à Dubaï, en juillet, et l’achat récent d’Atkins ajoute de l’eau au moulin. La direction a l’objectif de doubler le bénéfice par action d’ici 2020.

SNC-Lavalin affiche toutefois une impressionnante dette de 3,5 G$ US et, surtout, un flux de trésorerie négatif de 173,7 M$.

Et WSP ?

Certains se tournent donc vers le compétiteur québécois WSP Global (WSP.TO). L’ex-Genivar a un solide pipe-line de projets, des revenus à la hausse, mais n’a pas haussé son dividende au fil des ans. Le rendement est de 2,30 %. Et le flux de trésorerie est positif !

Certains croient que le titre est pleinement valorisé à son cours actuel, d’autant plus que le taux de dilution des actions est élevé (probablement à cause du programme de rémunération en actions des employés). À 31,2, le cours/bénéfice est élevé.

Somme toute, l’avenir s’annonce brillant pour ces deux firmes : la demande pour réparer les infrastructures des pays riches est plus élevée que jamais, et la construction de nouvelles dans les pays émergents explose.


Question à notre investisseur

► Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par Le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.