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Ses os tordus menaçaient de l’empêcher de marcher

Les médecins ont cherché pendant plus d’un an la cause de ses douleurs aux jambes

Catherine Bélanger
Photo Chantal Poirier Catherine Bélanger, âgée de 16 ans, a porté ce fixateur vissé à ses os pendant plusieurs mois pour replacer ses os tordus. Elle le compare aux appareils dans le palais pour agrandir la mâchoire.

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Une adolescente de Blainville a souffert pendant plus d’un an de douleurs aux jambes que ni médecins ni examens n’arrivaient à expliquer, jusqu’à ce qu’un chirurgien découvre qu’elle peinait à marcher parce que ses os étaient tordus.

La maladie de Catherine Bélanger, âgée de 16 ans, était invisible. Aucune radiographie ne pouvait déceler le problème. Et pendant que son état empirait, les visites chez le médecin se multipliaient, mais ni les anti-inflammatoires ni la physiothérapie n’arrivaient à la soulager.

L’adolescente auparavant active, n’arrivait même plus à atteindre le deuxième étage de sa maison, sans prendre une pause entre les deux paliers.

À court d’idées, ses médecins l’ont envoyée consulter à l’Hôpital Shriners de Montréal pour enfants. C’est grâce à cette consultation avec le docteur Mitchell Bernstein, une sommité en Amérique du Nord pour corriger les difformités des os, que le mystère a été résolu.

Car même si ses jambes étaient « parfaitement droites » sur les radiographies, le Dr Bernstein a remarqué que quelque chose clochait dans la démarche de l’adolescente.

« Ses pieds étaient tournés vers l’extérieur et ses rotules tournaient du mauvais côté », explique-t-il.

Le fémur dans la cuisse était trop tourné vers l’intérieur et le tibia, dans la jambe, tournait trop vers l’extérieur.

Mitchell Bernstein<br>
<i>Docteur</i>
Photo Chantal Poirier
Mitchell Bernstein
Docteur

Os cassés et tournés

Ses tibias ont dû être cassés, puis un fixateur de métal a été vissé sur sa jambe. Pendant près d’un mois, ses parents devaient tourner les tiges chaque jour d’un ou deux degrés pour que les os fassent une rotation.

Les fémurs, dans la cuisse, ont quant à eux pu être détorsadés d’un seul coup, puis vissés pour qu’ils restent en place.

« Ouch ! », lance la mère de l’adolescente, Hélène Carra. C’était sa première réaction quand elle a su pour les chirurgies qui attendaient sa fille.

« Ça surprend, dit-elle, mais c’était aussi un grand soulagement, car enfin, on savait [ce dont elle souffrait]. »

La jeune femme n’a pas hésité une seule seconde en apprenant le seul traitement qui s’offrait à elle. Catherine Bélanger admet qu’elle refusait toujours de craindre pour son avenir.

« Mais ça s’en venait... », souffle-t-elle.

Elle s’était inscrite à un voyage en Espagne l’été prochain. L’itinéraire comprend plusieurs jours de marche à travers les montagnes des Pyrénées et, à son plus grand soulagement, tout indique qu’elle pourra maintenant y prendre part.

La torsion des membres dont souffrait Catherine Bélanger est très rare, mais aussi sous-diagnostiquée, craint le Dr Bernstein.

En anglais, ce syndrome porte le nom de miserable malalignment et il commence à se faire sentir seulement une fois la croissance terminée. Enfant, le corps réussit à compenser, dit l’expert.

Sensibilisation

« On peut seulement trouver un problème si quelqu’un est là pour le voir », explique celui qui est l’un des rares chirurgiens orthopédiques spécialisés dans les difformités.

De plus en plus, les étudiants en médecine sont sensibilisés à la possibilité des os torsadés.

Le Dr Bernstein n’écarte pas que plusieurs aient pu en souffrir dans le passé, sans le savoir, finissant par devoir se déplacer en fauteuil roulant.

Sans traitement, les os tordus vont causer de l’arthrose sévère, pouvant déchirer des ligaments et mener au remplacement de la hanche.

Heureusement, une fois retournés dans la bonne direction, les os ne bougent plus.

Le cas de Catherine Bélanger

  • Pour corriger les quatre os, ses jambes ont dû être cassées quatre fois
  • Encore plus rare, les fémurs et les tibias étaient aussi tordus
  • Ses os ont dû être retournés de près de 40 degrés