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Les intouchables

Alec Baldwin
Photo AFP Alec Baldwin

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C’est fou à quel point certaines personnalités sont intouchables.

Prenez le comédien Alec Baldwin.

Un douchebag

Dans sa vie personnelle, cet homme se conduit comme un porc.

Arrêté en 1995 pour avoir agressé un photographe, il s’est de nouveau retrouvé au poste de police pour avoir frappé un automobiliste qui s’était garé sur une place de stationnement avant lui.

Sur YouTube, on peut entendre une conversation téléphonique hallucinante au cours de laquelle il engueule et menace sa petite fille de 11 ans, la traitant de « petite truie grossière et égoïste ».

Il a déjà traité un caméraman de « tapette suceur de queues ».

Et il a dû suivre plusieurs thérapies pour apprendre à contenir sa colère.

« Alec Baldwin est un tyran, un douchebag », de dire le producteur Dana Brunetti.

Mais voilà, le gars est un démocrate et il se moque régulièrement de Donald Trump à Saturday Night Live, alors les médias (et les téléspectateurs anti-Trump) lui pardonnent tout.

Si une personnalité de droite agissait de la sorte, elle se ferait lyncher sur la place publique.

Justin Trudeau est hot !

Hier, Mario Dumont écrivait que les médias américains étaient déconnectés d’une grande partie de la population.

Il suffit de voir comment ils traitent Alec Baldwin pour s’en rendre compte...

Le gars n’est pas dépeint comme une brute et une petite frappe. Mais comme un acteur « fantasque » connu pour son « caractère bouillant ».

Oui, certes, il lui arrive de « laisser libre cours à ses émotions », mais il est tellement drôle quand il se moque de Donald Trump !

Cette semaine, un journaliste de 72 ans a été congédié par le réseau PBS (un réseau connu pour son biais progressiste) pour harcèlement sexuel.

A-t-il fait des remarques grossières à une collègue ? A-t-il pincé les fesses d’une stagiaire ? Non. Il a regardé une photo de la duchesse Meghan Markle et a dit : « Hmmm, not bad... » Pas vilaine.

C’est tout. Rien de plus.

Mais deux collègues de travail l’ont entendu, elles ont porté plainte au Département de ressources humaines du réseau, et le gars a perdu son emploi !!!

Le pire est que, selon le « méchant harceleur », ces deux femmes avaient déjà dit en pleine salle de rédaction que Justin Trudeau était « hot » !

Ont-elles perdu leur emploi, elles ?

Non.

Un, parce qu’aucun homme n’a porté plainte. Et deux, parce que même si un homme avait eu l’idée idiote de se plaindre, les bonzes de PBS auraient — à juste titre — affirmé que le commentaire de ces femmes ne contrevenait pas à leur politique sur le harcèlement sexuel !

Une femme « épanouie »

Là encore, c’est deux poids, deux mesures. Une femme a le droit de dire qu’un gars est beau. Mais un gars n’a pas le droit de dire qu’une femme est belle.

Une femme qui lance une phrase à caractère sexuel est une femme épanouie. Un gars qui lance une phrase à caractère sexuel est un vieux mononcle cochon.

L’autre jour, j’entendais quatre filles qui parlaient de leur vibrateur à la radio.

Vous imaginez quatre gars qui comparent leur technique de masturbation sur les ondes ? Ils seraient crucifiés.

Bienvenue en 2018.