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Les larmes noires du Yémen

Essence
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Hier, j’ai fait le plein d’essence. J’ai senti une vapeur de carburant et j’ai eu un haut-le-cœur. Puis, j’ai pensé à l’origine de ce pétrole, l’Arabie saoudite. J’en ai presque vomi.

L’amorce est exagérée, mais pas l’ampleur du drame humain au Yémen. En pleine guerre civile, la population yéménite est bombardée par l’Arabie saoudite qui soutient le gouvernement en place. 

En plus des bombes, Mohammed Ben Salmane, monarque du royaume saoudien, y mène une guerre économique. Selon le New York Times, une inflation artificielle rend inaccessibles la nourriture et les médicaments. Cette stratégie pousse le pays vers la famine. 

Au Canada, on parle davantage de l’affaire Khashoggi que de l’implication barbare de Riyad au Yémen. Le silence a un prix et c’est celui du baril. 

Les larmes des enfants yéménites sont noires comme le pétrole qui finance leur souffrance.

Rapport-choc 

Dimanche, l’UNICEF a lancé un cri du cœur à la communauté internationale. Les épidémies et la malnutrition, effets collatéraux de la guerre, ravagent le Yémen et sa population la plus vulnérable, ses enfants. 

Un enfant y meurt toutes les dix minutes, et de cause évitable. La malnutrition aiguë touche 1,8 million de jeunes et favorise la prolifération mortelle de diphtérie, de rougeole et de choléra. Les vaccins et l’aide alimentaire pourraient soulager l’hémorragie.

Cependant, toujours selon l’UNICEF, l’aide humanitaire au Yémen est en grande partie bloquée par la coalition progouvernementale. 

«C'est un enfer sur terre pour chaque garçon et fille au Yémen», affirme le directeur de la division du Moyen-Orient de l’UNICEF.

Poids politique

Le Canada révise actuellement la vente de ses armes à l’Arabie saoudite. Il faut pousser Justin Trudeau à utiliser toutes les dispositions du droit canadien pour stopper l’opération.

Les chroniqueurs doivent prendre position. Les citoyens doivent se faire entendre. Les politiciens doivent agir.

Imposer des sanctions à Riyad, diversifier nos sources d’approvisionnement en pétrole ou mieux, accélérer l’électrification de nos moyens de transport sont des options sur la table.

Par notre pouvoir, petit ou grand, de citoyen ou d’État, nous devons tenter d’essuyer les larmes noires du Yémen.

 

Écoutez les réactions de Richard Martineau au sujet de cette chronique à partir de 33 min 32 s

 

Cette chronique est en lien à la semaine de Richard Martineau :

 

 

 


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