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Un an de Projet Montréal : Business as usual

Un an de Projet Montréal : Business as usual
Joël Lemay / Agence QMI

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Si je devais me limiter à un mot pour décrire la première année au pouvoir de l'administration Plante, je dirais probablement : normale. Les oiseaux de malheur qui prédisaient l'apocalypse économique et le chaos sur les routes si « le parti du Plateau Mont-Royal » prenait le pouvoir n'ont d'autres choix que de reconnaître que, pour l'essentiel, la vie à Montréal a poursuivi son cours sans que le changement d'administration ne soit perceptible au quotidien. Business as usual, en bon français.

En fait, on pourrait même dire que Montréal se porte mieux qu'à pareille date l'an dernier. À 6,9%, le chômage a baissé de 1.4% depuis octobre 2017. Économiquement parlant, la métropole est toujours aussi attrayante, comme en témoigne les annonces récentes de Samsung, qui souhaite y ouvrir un centre de recherche en intelligence artificielle, et de Good Al Capital, le premier fonds de capital de risque de la Silicon Valley à s'installer à Montréal.

Qu'on se comprenne bien : contrairement à ce que les politiciens aiment bien prétendre quand l'économie va bien, je ne crois pas que l'administration politique en place a une très grande influence sur la croissance économique, la vigueur de cette dernière étant dépendante d'une foule de facteurs hors de leur contrôle, par exemple la force du dollar canadien. Je ne suis donc pas en train de vous dire que c'est principalement grâce à Valérie Plante si le taux de chômage est à la baisse.

Ce que l'on peut affirmer, cependant, c'est qu'il est tout à fait possible d'élire un parti politique clairement campé à gauche sans que ne s'abattent sur nous les dix plaies d'Égypte, contrairement à ce que les partisans du statu quo ne manqueront jamais de suggérer. Les victoires électorales de la gauche étant rarissimes au Québec, Projet Montréal rend un sérieux service aux autres formations de gauche, notamment Québec Solidaire, en nous le rappelant.

 

La touche Projet Montréal

 

Les observateurs attentifs de la scène montréalaise peuvent tout de même témoigner des changements positifs amenés par la nouvelle administration, autant à la ville centre que dans les arrondissements contrôlés par le parti. Consultations plus exhaustives avec la population et le milieu communautaire dans l’élaboration des politiques, plantation d'arbres, attention particulière portée à la diversité culturelle, développement de projets résidentiels à échelle humaine... Les exemples sont nombreux, mais ils ne sont pas toujours particulièrement visibles pour la population en général. Dans plusieurs cas, il faudra des années avant de voir se matérialiser les résultats concrets de la touche Projet Montréal.

À mon sens, le défi de Projet Montréal d'ici à la prochaine élection sera donc de démontrer aux Montréalais et Montréalaises, et particulièrement à ceux et celles qui ont voté pour le parti, que leur administration a bel et bien livré la marchandise. Avec l'avenir de la ligne rose plus qu'incertain, les problèmes de circulation causés par les travaux toujours aussi irritants et la hausse de taxes qui a été mal digérée par l'électorat, Projet Montréal a besoin de victoires dans les dossiers hautement médiatisés. En politique, comme le disait si bien Gilles Duceppe, il ne suffit pas d'avoir raison; il faut aussi que les gens s'en rendent compte.