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[VIDÉO] CHU de Québec: offrir l’espoir à ceux qui ont perdu leur oeil

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QUÉBEC - Imaginez perdre un œil, ou votre nez. Difficile de s’en remettre. C’est ce que doit surmonter Alexandra Guillemette, qui a perdu son œil il y a trois ans. Elle avait 29 ans.

Elle a affronté, non pas un, mais deux cancers. Son deuxième, très agressif au niveau de l'œil droit, l’a obligé à prendre une décision inimaginable : une amputation.

Les mois qui ont suivis cette opération de mutilation d’Alexandra ont été assez sombres.

«J'ai été deux ans et demi à avoir tout le temps un cache-œil au niveau du visage. Donc à me faire regarder, me faire pointer du doigt, me faire questionner tout le temps, me faire dévisager. Je suis devenue avec une phobie de sortir, je me suis vraiment isolée.»

La solution pour apaiser son malheur, c’était cette prothèse externe, faite en silicone.

Elle ne remplace pas les fonctions de son œil, mais elle comble le vide dans son visage.

«C'est elle qui m'a donné l'envie de continuer à vivre, de continuer à sortir, de me sentir plus humaine.»

C’est une équipe du CHU de Québec qui lui a confectionné cette prothèse. Une quarantaine de patients ont recours à leur service tous les ans.

Mais l'artiste derrière l'œil d'Alexandra, c'est Louise Desmeules. Ce qu’elle appelle des épithèses, elle en fabrique une cinquantaine par année.

«C'est très très douloureux pour eux d'envisager le reste de leur vie comme ça, d’où importance de leur redonner une partie du visage. C'est comme une seconde chance», a dit Mme Desmeules.

Il faut être très minutieux pour reproduire un regard aussi vivant. Un modèle varie entre 1 500 $ et 10 000 $.

«Chaque épithèse est unique, chaque prise de couleur est unique. Il n'y a pas de recette, c'est quasiment instinctif», a expliqué Louise Desmeules, qui est infirmière de profession.

Le directeur de la clinique d’oncologie du CHU de Québec, le Dr Gaston Bernier, est celui qui effectue les opérations sur les patients.

Le cancer est la principale cause de la perte d'une partie du visage. Viennent ensuite les accidents, puis les grands brûlés. D'autres conjuguent avec l'absence d'un membre dès la naissance.

Au CHU de Québec, une trentaine de nouveaux cas leur sont transmis de partout dans la province. Ils sont la référence au Québec.

«Je pense qu'ici, on transforme des vies. Ça nous permet de continuer malgré la maladie», a témoigné Alexandra. Elle a été opérée à trois reprises pour son œil. L’une des opérations a duré neuf heures.

Il faut en général patienter entre 6 et 9 mois avant de compléter toutes les étapes.

Pour Alexandra, c'est encore aujourd’hui difficile d'accepter sa réalité.

«J’ai vécu 29 ans avec cet œil-là et du jour au lendemain, je n'ai plus ce morceau. On a à réapprendre à vivre avec notre corps, dans un monde où tout est très superficiel.»

Elle a sa prothèse depuis octobre 2017. Même si elle ne remplacera jamais l'organe perdu, ça lui permet de regarder vers l'avenir.