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Les parents d’Éric Rompré anéantis par la décision de la Cour d'appel

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Les parents d’un homme tué par un policier qui roulait à 180 km/h il y a six ans et demi, en Outaouais, ont été anéantis en apprenant que celui qui a emporté la vie de leur fils aurait droit à un nouveau procès.

La Cour d’appel a donné gain de cause à l’agent de la Sûreté du Québec François Laurin, qui en appelait du verdict prononcé contre lui en janvier 2017. Le policier avait alors été reconnu coupable de conduite dangereuse ayant causé la mort relativement aux événements survenus le 16 juin 2012, lorsque, répondant à un appel d'urgence au volant de son autopatrouille, sur la route 148, à Papineauville, il avait heurté de plein fouet le véhicule où se trouvait Éric Rompré, 25 ans.

«On était dévastés. On n’a pas dormi de la nuit. [...] Par après, on s’est dit qu’on devait respecter le jugement et que, s’il y avait un deuxième procès, il faudrait trouver la force d’y assister de nouveau et aller de l’avant», a confié en entrevue à l’émission Québec Matin le père d’Éric, Richard Rompré, qui était en voyage à Hawaï avec sa conjointe au moment où la décision de la Cour d’appel est tombée.

Cette nouvelle est difficile à accepter pour les parents, puisqu’ils étaient déjà insatisfaits de l’issue du premier procès.

«M. Laurin n’a jamais démontré le moindre regret, empathie vis-à-vis de nous. Ça, pour moi, un an de prison, je trouvais... Quand on considère qu’ils vont faire un sixième de la peine, c’est-à-dire deux mois, ce n’est pas beaucoup. Mais on est tout à fait conscients que ce n’est pas une peine de prison qui va ramener notre enfant», a ajouté Richard Rompré.

Le père d’Éric dénonce par ailleurs le fait que sa conjointe et lui ne soient pas reconnus comme victimes par le système judiciaire et qu’ils aient dû assister au premier procès à leurs frais.

«C’est terrible pour nous et je ne sais pas si les juges, dans leurs décisions, prennent en compte la souffrance et tout ce que ça apporte aux familles impliquées. On n’est pas considérés comme des victimes dans le système judiciaire. On s’est présentés à Gatineau à nos frais: les hôtels, les repas, l’absence du travail pendant tout le processus... On était les seuls à ne pas être rémunérés, dans cette salle-là. Le policier, lui, était rémunéré plein salaire depuis qu’il était accusé. Je calcule que M. Laurin a reçu en indemnités salariales environ une dizaine de fois le montant que la SAAQ a payé pour la vie de mon fils», a-t-il indiqué.

«C’est un jeune homme de 25 ans qui méritait de vivre et qui mérite d’avoir une justice», a ajouté M. Rompré.