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Les résidents à bout des travaux dans Griffintown

Carolyn De Bien
Photo 24 Heures, Nadia Lemieux Depuis une dizaine de jours, les rues pour accéder au commerce de Carolyn De bien sont bloquées, ce qui fait en sorte que ses clients ont du mal à y accéder.

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MONTRÉAL – Les rues bloquées et le manque de places de stationnements engendrés par les nombreux travaux de construction dans le quartier Griffintown, à Montréal, suscitent un ras-le-bol collectif chez les résidents et les commerçants du secteur.

Une balade dans le quadrilatère formé des rues Notre-Dame Ouest, Guy, Basin et Peel dans Griffintown suffit à donner des maux de tête aux automobilistes. Aux nombreux chantiers privés s’ajoutent quatre grands travaux municipaux d’égout, d’aqueduc et de bassins de rétention.

«Au retour d’une journée de travail, je sais que, soit il y aura incroyablement de trafic ou que je vais tourner en rond avec la compagnie d’une vingtaine de voitures qui se cherche du stationnement sur la rue», a résumé Mathieu Bertram, qui réside dans le secteur.

Un trajet du bureau à la maison qui lui prenait habituellement sept minutes peut maintenant s’étirer sur près de 40 minutes.

«C’est vraiment une situation assez déplorable, surtout compte tenu du fait que moi et beaucoup de citoyens avons payé pour des permis de stationnement dans les rues», a-t-il déploré.

Pour faciliter son retour à la maison, M. Bertram vient de se trouver un stationnement intérieur dans son immeuble, qu’il paie 200 $ par mois.

Selon une source, les travaux compliqueraient même le travail des pompiers dans le secteur, ce que réfute la Ville de Montréal. L’Association des Pompiers de Montréal a quant à elle refusé de commenter.

Des commerçants exaspérés

La rue Ottawa est fermée à la circulation depuis plus de 10 jours et le demeurera jusqu’à décembre, rendant difficile d’accès les commerces qui y sont situés, comme la boutique Fleuriste La Quenouille (le Loft).

«Je ne me chicane pas avec personne, je reste tranquille, mais c’est vraiment plate parce que ça empêche la clientèle de rentrer chez nous. Y a pas personne qui veut venir ici en auto», s’est exaspérée la propriétaire, Carolyn De Bien.

À deux pas de là, Brasseur de Montréal paie également le prix, et ce, depuis plusieurs mois. La rue Ottawa a été le théâtre de nombreux chantiers privés depuis le début de l’été 2018, engendrant beaucoup de poussière sur la terrasse et, par le fait même, une diminution de la clientèle.

«C’est difficile parce qu’il n’y a pas de "parking", l’environnement urbain autour de nous n’est pas particulièrement attrayant et il y a tellement d’autres [restaurants et bars] ailleurs dans Griffintown qui sont moins affectés par les travaux», a mentionné le responsable marketing, Karim Diepenbroek.

Mme De Bien et lui ont tous deux critiqué l’absence de consultation et d’accommodements auprès des commerçants affectés par les travaux.

«Le quartier avait besoin de se faire revigorer, mais d’une manière sauvage de même, je ne trouve pas ça idéal. C’est sans considération pour nous», a lancé M. Diepenbroek.

Le conseiller de ville dans le Sud-Ouest, Craig Sauvé, s’est dit «sympathisant» envers les citoyens et a souligné qu’un deuxième employé de l’escouade mobilité avait été ajouté dans Griffintown pour alléger la situation.

Il a aussi affirmé que l’arrondissement négociait avec des acteurs privés pour trouver de nouvelles places de stationnement.

«Après que [les travaux] soient terminés, ça va être vraiment plus beau, plus vert, avec des transports actifs. Ça va être quelque chose dont les gens vont être fiers, mais c’est gros», a-t-il admis.