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Nouvelle altercation entre Donald Trump et un journaliste de CNN

Trump campaigns in Ohio, Indiana and Missouri on eve of midterm elections
AFP

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Le président Donald Trump a de nouveau eu maille à partir avec les médias – particulièrement le journaliste de CNN Jim Acosta – lors de sa conférence de presse au lendemain des élections de mi-mandat, mercredi.

Jim Acosta, dont les relations avec le président Trump ont été acrimonieuses depuis le début du mandat du président, a questionné le dirigeant sur ses propos controversés entourant la fameuse caravane d’immigrants en route vers les États-Unis.

«Vous avez dit que la caravane était une “invasion”, mais ce ne l’est pas. C’est un groupe de migrants qui partent de l’Amérique centrale pour venir à notre frontière, alors pourquoi l’avoir caractérisée ainsi? [...] Croyez-vous avoir démonisé les immigrants au cours de cette élection?», a-t-il d’abord questionné.

L’échange s’est ensuite enflammé lorsque Jim Acosta a enchaîné sur les publicités républicaines mettant en vedette des immigrants grimpant sur les murs pour poursuivre leur route.

«Ce ne sont pas des acteurs, ils ne viennent pas de Hollywood», a répliqué Trump.

«Vous savez quoi, honnêtement, je crois que vous devriez me laisser gouverner ce pays. Vous gouvernez CNN et si vous le faisiez bien, vos cotes d’écoute seraient bien meilleures», a-t-il poursuivi.

Une employée de la Maison-Blanche a ensuite tenté de retirer le micro des mains du journaliste, qui est néanmoins parvenu à poser une autre question au président au sujet de l’enquête russe.

«Je ne suis pas inquiet parce que c’est faux. C’est assez, posez ce micro», a exigé le président.

«CNN devrait avoir honte de vous avoir à son emploi. Vous êtes une personne impolie et terrible. Vous ne devriez pas travailler pour CNN», a-t-il conclu.

D'autres accrochages

Le journaliste qui a succédé ensuite à M. Acosta au micro a pris la défense de son confrère, le saluant comme un «reporter scrupuleux».

«Je ne suis pas un de vos grands fans, pour être honnête» et «vous n'êtes pas le meilleur», a rétorqué M. Trump, avant de répondre à sa question.

Il a également fait taire une autre journaliste de CNN, April Ryan, qui tentait de lui poser une question sans avoir le micro.

Le président a ensuite accusé une journaliste noire d'être «raciste» après avoir été interrogé sur sa rhétorique «nationaliste» qui aurait fait le jeu des suprématistes blancs, avant de qualifier ironiquement un autre reporter de «beauté».

«Je fais l'objet d'une couverture (médiatique) très inexacte», a-t-il ensuite affirmé. «Je pourrais faire quelque chose de fantastique, et ils (les journalistes) en feraient quelque chose de mauvais».

À la fin de la conférence de presse qui aura duré près d'1 h 30, il a espéré que «le ton puisse s'améliorer, mais cela commence avec les médias». «Je rends les coups et je ne me bats pas pour moi, mais pour le peuple de ce pays», a-t-il conclu.

Des propos «anti-Américains»

Le réseau CNN a réagi vers 13 h 30 à ce qu’il qualifie d’attaques incessantes contre la presse». Dans une déclaration publiée sur la page Twitter des communications de CNN, on peut lire que «les attaques incessantes du président contre la presse vont trop loin. Elles ne sont pas seulement dangereuses, mais aussi gravement anti-Américaines».

«Même si le président Trump a clairement indiqué qu’il ne respectait pas la presse libre, il a le devoir légal de la protéger. Une presse libre est vitale à la démocratie et nous appuyons Jim Acosta et ses collègues journalistes de partout», conclut la déclaration.

Le 45e président des États-Unis a de très mauvaises relations avec une partie de la presse américaine, dont CNN et les grands réseaux CBS, ABC et NBC, ainsi que les quotidiens New York Times et Washington Post. Il accuse régulièrement ceux qu'il qualifie de «médias Fake News» d'être les «ennemis du peuple» instillant la division dans la population.

Il privilégie les entretiens avec Fox News, la chaîne d'information en continu préférée des conservateurs.

La semaine dernière, il avait accusé les médias «Fake News» d'engendrer la «violence» aux États-Unis après la pire tuerie antisémite jamais perpétrée dans le pays, dans une synagogue de Pittsburgh, et l'envoi de colis piégés à des personnalités et institutions, dont CNN, opposées au président.