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Des carcasses d'animaux dans le recyclage

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C’est désolant de constater ce que des citoyens osent mettre dans le bac de recyclage. Même des carcasses d’animaux! Mais savez-vous qu’il y a des êtres humains au bout de la chaîne qui trient nos matières résiduelles?

Mont-Joli, Gaspésie.  Ces temps-ci, j’ai les deux pieds dans les ordures. J’explore l’odorant monde souterrain de la gestion de nos déchets et matières résiduelles. Pas le côté le plus reluisant de nous-mêmes!

Une réalité à donner la nausée

Premier constat : Tout le monde, à partir l’enfance, devrait aller faire un petit tour sur un site d’enfouissement et dans un centre de tri.

C’est là que l’on prend toute la mesure de notre surconsommation, sur laquelle il faut agir au plus vite si on ne veut pas mourir étouffés par nos propres déchets.

Au site d’enfouissement, les camions se suivent à la queue leu leu pour y déverser leurs cargaisons, qui viennent grossir des montagnes immondes d’ordures.

Ensuite, des bulldozers avancent, tournoient, reculent, dans une lugubre chorégraphie pour tenter d’écraser le plus possible ces amoncellements formés de tout ce matériel dont on ne veut plus afin... d’accueillir encore plus d’ordures!

Tout cela au son des cris d’oiseaux qui « plongent dans le tas » pour s’engraisser de nos restes de bouffe.

Vision glauque s’il en est une!

Voilà pourquoi d’ailleurs nos sites d’enfouissement sont souvent si bien cachés, dans des lieux loin du regard des citoyens.

Erreur peut-être, car lorsqu’on voit, on ne peut qu’être davantage sensibilisé. 

Du recyclage de paresseux ou d’ignorants

Je me suis imaginé que je reviendrais de ma visite d’un centre de tri avec un peu plus d’espoir.

N’est-ce pas là que l’on recycle nos matières résiduelles pour, souhaitons-le, leur donner éventuellement une seconde vie?

Un million de tonnes de matières recyclables sont reçues par les centres de tri chaque année au Québec, selon RECYC-QUÉBEC.

Êtes-vous même capables de figurer et de visualiser ce que ça représente un million de tonnes en termes de quantité?

100 000 camions à ordures!

Des humains au bout de la chaîne

Au centre de tri, j’ai vu des femmes et des hommes courageux qui se tapent le pénible travail de faire le ménage de notre recyclage.

Ménage qui, en principe, doit être fait AVANT de jeter nos restes recyclables dans le bac vert ou bleu, si on est un citoyen le moindrement consciencieux.

Mais 20 ans après l’instauration de la « récupération », un certain pourcentage de la population n’a pas encore compris qu’il faut laver ses contenants avant de les mettre au recyclage. Et qu’une boîte de pizza tachée de sauce tomate n’a pas non plus sa place dans le bac destiné aux matières résiduelles.

Dans ce lieu bruyant qui ressemble à une chaîne de montage, j’ai rencontré un tout petit homme d’une soixantaine d’années, le visage buriné par une vie que l’on imagine difficile, qui, il y a trois semaines à peine, s’est piqué avec une seringue souillée qui avait été jetée au recyclage. Oui, une seringue souillée!

Ça, c’est sans compter les carcasses d’orignaux ou de chevreuils qui, en pleine période de chasse, ont été balancées dans le recyclage. Des restes d’animaux nauséabonds que ces employés de l’ombre devaient dégager de leur espace de travail.

Peut-être que ceux et celles qui ont osé se débarrasser d’objets dangereux ou dégueulasses ne savaient pas que des êtres humains mettaient littéralement les deux mains dans nos matières résiduelles.

Là, c’est dit.

Espérons que ça ne prendra pas 20 ans avant que le message ne soit entendu!