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Gildor Roy: le commandant Chiasson a changé sa vie

Gildor Roy: le commandant Chiasson a changé sa vie
Photo d'archives, Dario Ayala / Agence QMI

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De son propre aveu, quand Gildor Roy a commencé les tournages de «District 31», à l’été 2016, il n’aurait jamais pu deviner qu’il se ferait appeler «commandant Chiasson» lors de ses virées de magasinage au Costco, ni que des automobilistes baisseraient leur fenêtre pour lui crier de bons mots aux abords du Théâtre St-Denis, après un concert de Roger Hodgson.

«Je me disais que je serais le commandant, qu’on me verrait quelques fois par semaine. Mais, quand Luc Dionne [l’auteur de la série] a vu que ça marchait bien entre Magalie [Lépine-Blondeau, qui incarnait Nadine] et moi, il a développé là-dessus. Ça se passait bien entre elle et moi», relate le comédien.

«À un moment donné, j’ai essayé de m’expliquer le succès du personnage, continue Gildor. Dans la première année de ¨District 31¨, ça brassait beaucoup dans les services de police, à l’UPAC. C’était croche. Je pense que les gens avaient besoin d’une image de quelqu’un qui était droit. Mais je pense que l’image de Chiasson a peut-être été un peu détruite à la fin de l’année dernière (rires)».

Convaincu que les imposantes cotes d’écoute de la quotidienne radio-canadienne sont redevables à la forte proportion d’hommes qui regardent l’émission, Gildor Roy dit recevoir beaucoup de témoignages de représentants de la gent masculine complètement obnubilés par les péripéties de Chiasson et ses troupes.

«Il y a beaucoup de gars qui m’en parlent, bien plus que pour ¨Lâcher prise¨, par exemple, dont les femmes sont plus nombreuses à me dire qu’elles aiment ça.»

Le deuil d’«Omertà»

Gildor Roy n’est pas dépaysé dans l’univers policier de «District 31», lui qui a personnifié des agents de la paix à maintes reprises au petit et au grand écran, entre autres dans «Le retour» et «10-07».

«Mon premier rôle à la télévision, c’était dans une minisérie aux ¨Beaux Dimanches¨, qui portait sur une coopérative d’habitation. Quel sujet passionnant! (rires) Je venais de sortir de l’école et j’incarnais un policier, j’étais habillé en uniforme. Personne ne me connaissait, et les acteurs m’appelaient ¨Monsieur l’agent¨. Ils pensaient que j’étais une vraie police! C’était décourageant!»

«Et, à un moment donné, dans ¨Terre humaine¨, Sylvie Léonard se faisait violer et violenter. C’est moi qui a arrêté le méchant monsieur. Tout un fait d’armes, ma mère était bien fière de moi! (rires)»

L’acteur devait même prêter ses traits à un autre enquêteur dans la mythique fiction «Omertà», le projet qui a révélé le talent de Luc Dionne aux Québécois. Mais un remaniement de distribution, après des années de travail, a plutôt amené Luc Picard à hériter du protagoniste que devait interpréter Gildor. Drôle de hasard, les deux hommes ont croisé le fer, deux décennies plus tard, dans les décors de «District 31» qu’écrit... Luc Dionne.

«Luc [Picard], je ne le connaissais pas. On ne s’était jamais rencontrés, jusqu’à ce que je joue dans ¨Babine¨, où il me dirigeait. On savait tous les deux ce qui était arrivé et on se disait qu’il faudrait s’en reparler. Luc se demandait si j’étais fâché contre lui. Finalement, ça n’a pas adonné dans ¨Babine¨, mais dans ¨Ésimésac¨, à un moment donné, je lui ai dit que tout était cool, qu’il n’y avait pas de problème de mon côté. La conversation a duré à peu près 10 secondes.»

«Je ne peux avoir de regrets pour ¨Omertà¨, précise Gildor. C’est tombé à l’eau, et j’ai eu de la peine, parce que ça représentait trois ans de travail. Mais, tout de suite après, j’ai eu ¨Km/h¨, ¨10-07¨ et la campagne de publicité de la bière Grand Nord, avec Denis Bouchard. Alors, ç’a été correct!»

Les rares moments où Gildor Roy ne bosse pas sur «District 31», il griffonne des chansons pour un éventuel nouvel album, pour lequel il ne fixe aucune date de sortie. Le reste du temps, il songe au long métrage qu’il voudrait réaliser et au roman qu’il espère rédiger.

«En réalisant un film, je voudrais juste voir si j’ai vraiment appris quelque chose, et je pense que oui. Le roman, ça serait une autre affaire. Je pourrais l’écrire sous un faux nom, pour ne pas me faire achaler... (rires)»