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Rosemont–La Petite-Patrie: des barres d’appui qui divisent les cyclistes

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Après avoir vu 28 barres d’appui apparaître dans Rosemont–La Petite-Patrie au cours des deux dernières années, les cyclistes montréalais sont partagés à propos de cet investissement qui, selon certains, est fait au détriment de la sécurité.

«Il y a ceux qui aiment ces barres, ceux qui trouvent que c’est une perte totale en investissement et les autres, qui sont neutres. C’est très mitigé», rapporte Pierre Rogué, cycliste et fondateur de l'Association pour la mobilité active de Rosemont–La Petite-Patrie.

Selon M. Rogué, l’arrondissement aurait intérêt à injecter de l’argent dans la sécurité et les stationnements pour cyclistes avant de miser sur le confort de leur balade à vélo.

Chacune des 28 barres d’appui coûte près de 700 $. Le prix du lot est donc d’environ 19 600 $. Il faut ajouter à ce montant 110 $ par barre pour l’installation et le démontage, année après année. Ces aménagements sont retirés des routes de l’arrondissement durant l’hiver et réinstallés au printemps.

«On nous les a présentées en disant: “Voilà, le Copenhague arrive à Montréal.” On a juste un mimétisme qui n’est pas justifié ici, parce qu’on n’est pas dans la même ville et ça n’a rien à voir. On part de loin, à Montréal, comparé à Copenhague, dans l’aménagement des pistes cyclables», critique M. Rogué.

Parmi les cyclistes rencontrés à l’intersection des rues Boyer et Bellechasse, les avis étaient partagés. Certains aiment ces barres qu'ils trouvent utiles, alors que d’autres estiment que la bordure de trottoir faisait déjà le travail.

S'étant installé pour une demi-heure au coin des rues Boyer et Bellechasse en fin d’après-midi, le 24 Heures a pu constater que plus de la moitié des cyclistes n’utilisaient pas les barres d’appui.

Environ 50 personnes sont passées par là à vélo entre 16 h 45 et 17 h 15. Des 30 cyclistes qui se sont arrêtés au feu, 11 seulement ont utilisé la barre d'appui.

Le maire réagit

François Croteau, maire de l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, indique que les réactions des cyclistes, concernant les barres d’appui, sont plutôt bonnes.

«Certains cyclistes n’utiliseront pas les barres, et c’est correct. Ça ne change rien à leur parcours. [...] Par contre, pour certains cyclistes, c’est très utile, comme pour les parents et les personnes qui ont de moins longues jambes, ou d’autres qui aiment s’appuyer en attendant le feu rouge», souligne M. Croteau.

Il soutient d'ailleurs que l'investissement de fonds dans ces nouvelles installations n'entraîne aucune négligence en matière de sécurité des cyclistes, les barres d'appui étant financées par un budget distinct.

L'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie souligne avoir également installé 700 supports à vélo en 2018, pour un total de 1400 nouveaux espaces de stationnement pour bicyclette. Le coût d’une borne de stationnement pour cycliste se situe autour de 300 $.

«On a consulté Vélo Québec et les partenaires pour faire ce projet. Surtout, on a invité les cyclistes à faire des commentaires sur la page Facebook [...] On a pris tous les commentaires pour qu’elles [les barres] soient installées de façon optimale», assure le maire.