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Une riche héritière à la rescousse de Bombardier

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La femme la plus riche du pays délestera Bombardier de sa gamme d’avions régionaux Q400, qui connaît des difficultés depuis des années. L’entreprise empochera au passage 395 millions $, une somme dont elle a bien besoin pour se renflouer.

Héritière de la célèbre famille Thomson, Sherry Brydson vaut plus de 10 milliards $. L’une de ses firmes, Longview Aviation Capital, contrôle l’avionneur britanno-colombien Viking Air, qui se portera acquéreur des avions turbopropulsés Q400.

Il y a un peu plus de deux ans, Viking avait mis la main sur les célèbres avions-citernes de Bombardier, les CL-215 et les CL-415.

En perte de vitesse

Le Q400 a perdu beaucoup de terrain face au seul autre avion commercial à hélices du marché, l’ATR, qui est construit par une entreprise codétenue par Airbus. À la fin de 2017, le carnet de commandes d’ATR s’élevait à 267 appareils, contre 43 pour le Q400.

Jeudi, Bombardier parlait carrément du Q400 comme d’un « actif non stratégique ». Les transporteurs canadiens Jazz, WestJet et Porter comptent pourtant parmi les plus importants exploitants de ces avions robustes.

Notons que les moteurs du Q400 et de l’ATR sont produits par Pratt & Whitney Canada, à Longueuil.

L’avenir du Q400 chez Bombardier était en suspens depuis l’annonce, en mai, de la vente de l’aéroport torontois où est assemblé l’avion. Bombardier s’est engagée à construire une nouvelle usine pour ses jets d’affaires Global, qui sont aussi assemblés à Toronto, mais l’entreprise n’avait rien promis à propos du Q400.

Bombardier a développé le Q400 à partir de l’appareil DHC-8 de de Havilland Canada, un constructeur torontois ayant été acquis de Boeing en 1992. À l’époque, Bombardier avait déboursé environ 100 millions $ pour de Havilland, et avait reçu des aides gouvernementales de plus d’un demi-milliard $.

En 2016, Bombardier s’est entendue avec le syndicat Unifor pour délocaliser en Chine et au Mexique la fabrication du cockpit et des ailes du Q400 dans le but de réduire les coûts de production de l’appareil.