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Ces grands qui disparaissent

Ces grands qui disparaissent
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Voilà qu’un autre grand bâtisseur du Québec, Bernard Landry, s’est éteint. Le décès d’un autre de nos héros nous ramène systématiquement à la faiblesse politique de notre époque.

Beaucoup se sont récemment prononcés sur l’homme. Bernard Landry faisait partie des politiciens convaincus et convaincants. Il était respecté de ses adversaires parce qu’il était de ceux qui voyaient grand et qui avait un sens de l’État.  

Il est de ces hommes et femmes politiques qui ont sacrifié leur vie à l’avancement de la nation québécoise. Il a choisi le service public, au-delà de tout. Bref, Bernard Landry était un homme d’État.

État actuel

Le décès d’hommes et de femmes politique d’envergure nous ramène inévitablement à l’état actuel des choses. Et le présent n’est pas rose en politique au Québec.

Nous avons devant nous des politiciens qui n’osent plus, qui ne sont plus en mesure de faire rêver. Une classe politique enfermée dans le court-terme, la langue de bois et la politique spectacle. 

Notre époque

À une époque où le présent domine tout, le décès de Landry nous rappelle qu’il faut imaginer le long terme pour faire avancer une collectivité. Nous nous ennuyons des politiciens pédagogues et cultivés qui nous apprenait à voir plus loin que nos préoccupations du quotidien en donnant de l’envergure à la politique.

On pense aux Lévesque, Bourassa, Parizeau, Payette, Gérin-Lajoie, Landry, etc. Quand on les écoute, sur YouTube pour ma part, on se sent tous un peu plus intelligent. 

À une époque aussi où la mode est au magasinage politique et aux tergiversations des politiciens vers le parti au pouvoir, Landry nous rappelle l’importance de la constance dans nos convictions. Quand on croit en un idéal, on ne l’oublie pas malgré les intempéries de notre époque. On persiste et s’obstine à parler du rêve que nous avons pour notre collectivité. 

Landry était le militant par excellence comme on aime le qualifier. Celui qui a gardé le cap sur son idéal, soit l’indépendance du Québec, bien que l’idée ne soit plus à la mode, surtout chez la jeune génération.

À une époque où le politicien doit montrer son côté « givré » dans les talkshows, la disparition de Landry nous rappelle qu’en politique les convictions doivent demeurer plus importantes que la mise en scène. La comédie navrante que Justin Trudeau nous offre jour après jour nous saute encore plus aux yeux.

À une époque également où on sent parfois l’impuissance de notre classe politique face à des instances supranationales, Landry nous rappelle les hommes et des femmes ingénieux, ambitieux et déterminés peuvent tirer à eux seul une collectivité vers le haut.

On semble l’oublier, mais la politique peut changer le destin d’un peuple.

Nos travers

Bref, son décès nous renvoie inévitablement aux travers de notre époque. À ce que nous fatigue, à ce qui nous dégoute, mais aussi et surtout à la grandeur que peut devenir notre nation. Bernard Landry savait que nous pouvions faire mieux et que nous devions faire mieux. 

Bernard Landry a été à hauteur d’homme tout au long de sa vie. Pour lui et pour les autres, nous devons maintenant donner de la hauteur de notre époque.